À Gaya, des enfants apprennent que les droits ne sont pas réservés aux adultes

La cloche a annoncé la fin des cours, mais les élèves de 9 à 12 ans continuent de réfléchir au sujet du jour dans les couloirs de l’école mission de Gaya. « Avant cette leçon, je pensais que les droits, c’était pour les adultes, comme conduire ou voter. » « Oui, nous avons le droit d’être soignés quand nous sommes malades, et personne n’a le droit de nous faire du mal. » « Les amis, nous pouvons aussi parler : les parents et les instituteurs doivent nous écouter. Si nous avons besoin de quelque chose, nous pouvons l’expliquer sans être grondés. » Ce jour-là, l’institutrice a abordé les droits de l’enfant pendant le cours de morale, une discipline qui ne s’arrête pas à la sortie de la classe.

Pour Aïssatou, l’enseignante, les effets de ce cours se remarquent immédiatement, dès que les cahiers se ferment : « Effectivement, la discussion continue car, après le cours, j’ai moi-même constaté que les élèves étaient excités à l’idée de savoir qu’ils avaient des droits. Vous savez, les enfants apprennent beaucoup lors des leçons de morale. Ils mémorisent et mettent en pratique tout ce qu’on leur apprend. »

Transmettre des valeurs aux élèves

Les droits sont enseignés selon la méthode APC (approche par compétences), adaptée à chaque niveau, explique le conseiller Omar : « Dès la maternelle, nous enseignons aux enfants leurs droits via des contes, des chansons, des activités. J’ai droit à l’éducation, à la santé. Progressivement, au secondaire, cela devient l’instruction civique et le cours de morale. Au primaire, seul le cours de morale est dispensé. Ainsi, nous leur donnons les bases des droits humains. »

Méconnaissance de leurs droits

Cependant, tous les enfants n’ont pas la chance d’accéder au secondaire. Certains abandonnent l’école et grandissent sans jamais découvrir leurs droits. Dans la rue, nous croisons un garçon de onze ans qui ramasse des bouteilles en plastique. Il nous confie, hors micro, que « les droits, c’est pour les grands ». Cela montre l’urgence de sensibiliser les enfants en dehors des salles de classe.