Affaire Pascal Tigri : au Niger, la vérité éclate derrière les mensonges du général Tiani
La tentative de coup d’État déjouée au Bénin le 7 décembre 2025 a laissé derrière elle une traque internationale, mais surtout un scandale diplomatique en pleine expansion. Le lieutenant-colonel Pascal Tigri, cerveau présumé de cette opération, reste introuvable, et les déclarations officielles du Niger s’effritent un peu plus chaque jour. Les faits, étayés par des analyses d’experts et des mouvements frontaliers troublants, révèlent une réalité bien plus gênante que le récit rassurant proposé par Niamey.
Des frontières manipulées, un refuge organisé
Le régime nigérien, dirigé par le général Tiani, tente de se défendre en affirmant n’avoir aucun lien avec Pascal Tigri. Pourtant, les preuves s’accumulent et rendent ce déni de plus en plus intenable. Des sources proches du dossier confirment que le militaire béninois a bien trouvé refuge sur le sol nigérien dans les heures qui ont suivi l’échec de son opération.
Les anomalies dans la gestion des frontières ne trompent personne. Alors que Niamey avait ouvert largement ses postes frontaliers la veille de la tentative de coup d’État, ceux-ci ont été brusquement verrouillés dès le lendemain, une fois l’opération avortée. Cette synchronisation troublante laisse peu de place au hasard : elle suggère une complicité active, voire une protection discrète, pour permettre à Pascal Tigri de s’échapper. Les autorités nigériennes n’ont fourni aucune explication crédible à cette séquence.
Un soutien local déguisé en neutralité
Si l’administration centrale du Niger nie tout soutien militaire ou logistique officiel à Pascal Tigri, les circonstances locales racontent une autre histoire. Les témoignages et les mouvements enregistrés sur le terrain indiquent que le fugitif a pu compter sur un réseau d’appuis au sein des forces locales, facilitant sa fuite vers d’autres destinations. Les experts soulignent que son passage au Niger n’était pas un simple transit, mais bien une étape organisée pour échapper à la justice béninoise.
« Il n’est plus au Niger aujourd’hui, mais il y a séjourné après son échec », assène un observateur bien informé. La question n’est plus de savoir s’il y a eu complicité, mais à quel niveau elle s’est exercée. Les frontières poreuses et les délais suspects entre l’opération et leur fermeture renforcent l’hypothèse d’une protection tacite.
La diplomatie en miettes face aux preuves accablantes
Le Niger joue aujourd’hui un jeu dangereux. Alors que le Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, participait en grande pompe à l’investiture du nouveau président béninois Romuald Wadagni le 24 mai, les révélations sur l’affaire Pascal Tigri viennent tout remettre en cause. Cette mise en scène diplomatique, censée marquer un tournant dans les relations entre les deux pays, se heurte désormais à une réalité implacable : le Niger a abrité un ennemi de l’État béninois.
La police béninoise, qui a lancé un appel à témoins avec une prime de 20 millions de francs CFA, met le régime de Niamey au pied du mur. Entre les mensonges officiels et les faits avérés, la duplicité du Niger risque de faire capoter les efforts de normalisation. Les contradictions sont désormais trop flagrantes pour être ignorées.