Au Tchad, l’épiscopat exhorte au dialogue pour apaiser les tensions
Quelques éléments de l'armée tchadienne sur le bord du Lac Tchad - Photo d'illustration Quelques éléments de l’armée tchadienne sur le bord du Lac Tchad – Photo d’illustration 
Face à l’escalade des tensions politiques et sociales, les évêques du Tchad ont publié une déclaration le mardi 6 mai, exprimant leur profonde inquiétude. Les prélats appellent les dirigeants à instaurer un climat de confiance pour favoriser la réconciliation nationale. Ils insistent : « Le dialogue sincère et inclusif représente la seule voie pour dénouer la crise actuelle. »

Cette prise de position épiscopale survient après une série d’événements tragiques qui ont secoué le Tchad. Des conflits intercommunautaires, particulièrement violents et meurtriers, ont éclaté récemment, notamment à Dar Tama dans le Wadi Fira et dans le Guera. L’attaque la plus récente, survenue le mardi 5 mai contre la base militaire de Barka Toulorom dans la région du Lac Tchad, a coûté la vie à au moins 23 personnes, selon les informations gouvernementales. Auparavant, le dimanche 26 avril, un affrontement intercommunautaire dans l’est du pays avait déjà fait au moins 42 victimes. Les évêques condamnent fermement ces massacres, rappelant avec insistance le caractère sacré de la vie humaine, que « nul n’a le droit de l’ôter ». Ils soulignent également que « la violence ne constitue jamais une réponse acceptable à nos divergences, car elle ne fait qu’aggraver les tensions et creuser davantage les divisions. »

Les évêques du Tchad prônent le respect du pluralisme

Les membres de l’épiscopat expriment aussi leur vive préoccupation face à la détérioration rapide de la situation politique nationale. Ils pointent du doigt la récente « vague d’arrestations d’opposants et de voix critiques », jugeant que ces actions « remettent en question les principes démocratiques, l’importance de la liberté d’expression et le respect des droits humains dans notre pays. Elles ne font qu’affaiblir la cohésion sociale déjà fragile et impactent négativement le vivre-ensemble tant désiré », écrivent les prélats.

Les évêques appellent avec ferveur au « respect du pluralisme culturel, politique et religieux », qu’ils considèrent comme un pilier essentiel à l’édification d’un État de droit. Ils affirment que « la diversité est bien plus une richesse qu’un obstacle pour construire une unité nationale solide. Le mal, qu’il s’agisse de l’exclusion, de la violence, de l’injustice ou d’autres fléaux, ne peut être vaincu que par le bien : le respect de nos différences, le dialogue constructif et une justice équitable pour tous », soulignent les prélats.

Pour une réconciliation durable : l’impératif du dialogue constructif

C’est pourquoi les évêques réaffirment leur conviction inébranlable que le « dialogue sincère et inclusif » est la « seule voie pour sortir de l’impasse actuelle » au Tchad. Ils insistent sur l’impératif que « toutes les parties prenantes s’engagent dans des discussions constructives, fondées sur la vérité, le respect mutuel et la recherche de solutions pacifiques ». Ce processus est, selon eux, « fondamental pour la réconciliation et l’instauration d’une paix durable au Tchad ». Ils exhortent ainsi les autorités à « faire preuve de sagesse et de modération, et à créer un environnement de confiance propice à la réconciliation ». « La paix est un trésor inestimable que nous devons protéger collectivement », concluent les prélats.

Les évêques adressent leurs pensées les plus profondes aux familles endeuillées, aux blessés et à toutes les personnes affectées par cette succession de tragédies. Ils présentent leurs « sincères condoléances » aux proches des victimes et invitent l’ensemble de la population à « s’unir dans la compassion et la solidarité en ces moments difficiles ».