Bassirou Diomaye Faye destitue Ousmane Sonko du poste de Premier ministre

Bassirou Diomaye Faye destitue Ousmane Sonko du poste de Premier ministre

© SEYLLOU, AFP – Ousmane Sonko, ancien Premier ministre sénégalais, photographié le 26 septembre 2024 à Dakar

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a procédé, par décret officiel publié ce vendredi soir, au limogeage de son Premier ministre Ousmane Sonko. Cette décision intervient après des mois de tensions croissantes entre les deux hommes, autrefois alliés politiques. Le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, a formellement annoncé la nouvelle lors d’une allocution télévisée.

Dans son communiqué, le chef de l’État précise que la destitution de Ousmane Sonko s’accompagne de celle de l’ensemble du gouvernement. Les membres du cabinet sortant se voient désormais chargés d’assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à la formation d’une nouvelle équipe.

Ousmane Sonko, figure charismatique de l’opposition sous la présidence de Macky Sall, avait initialement été empêché de se présenter à l’élection présidentielle de février 2024 en raison d’une condamnation pour diffamation ayant entraîné la perte de ses droits civiques. Cette exclusion avait provoqué d’importantes manifestations dans le pays. Il avait alors soutenu la candidature de Bassirou Diomaye Faye, qui a remporté le scrutin.

Depuis l’investiture du nouveau président, les relations entre les deux hommes se sont progressivement dégradées. L’influence grandissante de Sonko, notamment au sein de la jeunesse sénégalaise séduite par son discours panafricaniste, a fini par créer un fossé avec le chef de l’État.

Quelques instants après l’annonce de sa destitution, Ousmane Sonko a réagi sur les réseaux sociaux : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », a-t-il déclaré, évoquant son domicile dakarois. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montraient des rassemblements de ses partisans devant sa résidence, scandant son nom en signe de soutien.

Cette décision marque un tournant politique au Sénégal, où le parti de Sonko, majoritaire à l’Assemblée nationale après les élections législatives de novembre 2024, pourrait désormais adopter une posture plus critique envers le gouvernement.