Blocages douaniers : les chantiers sino-congolais en péril face à l’immobilisation des matériaux
blocages douaniers : les chantiers sino-congolais en péril face à l’immobilisation des matériaux
Les avancées du Programme sino-congolais, destiné à moderniser les infrastructures de la RDC, subissent un ralentissement inquiétant. Les matériaux et équipements indispensables aux chantiers s’accumulent dans les entrepôts douaniers, notamment au port de Matadi. Résultat : des projets phares, comme les Rocades de Kinshasa ou l’hôpital de Kikwit, voient leur calendrier menacé.
Lors d’une réunion récente avec le Ministre des Infrastructures, John Banza, le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a tiré la sonnette d’alarme. « Sans déblocage immédiat des stocks de bitume et autres matériaux, les travaux pourraient s’arrêter », a-t-il averti. Pourtant, ces fournitures bénéficient d’exonérations douanières prévues par la Loi n°14/005 et l’Avenant n°5 à la Convention de Collaboration signée en 2024.
des blocages injustifiés malgré les exonérations légales
Depuis janvier 2026, près de 1 477 tonnes de bitume destinées aux Rocades de Kinshasa, au tronçon Matadi-Tshela-Singini et à la route Kananga-Kalamba Mbuji restent bloquées. Une situation similaire touche la RN1 (Mbujimayi-Nguba), avec 1 650 tonnes immobilisées dans le Grand Katanga. Les demandes de dédouanement, portées par l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC), s’enlisent depuis des mois.
Les entreprises impliquées, comme la SISC SA, font face à des retards administratifs incompréhensibles. « Les messages phoniques et les dossiers fiscalisés ne reçoivent aucune réponse », confie un responsable sous couvert d’anonymat. Pourtant, les avantages fiscaux liés à ce programme sont clairement établis.
des projets porteurs de développement menacés
Malgré ces obstacles, certains chantiers progressent. L’hôpital de Kikwit gagne en capacité, passant de 150 à 650 lits, tandis que le pont de la Rocade Sud-Est à Kinshasa avance. Cependant, la saison sèche, propice aux travaux routiers, pourrait être gâchée par ces retards. Sans compter les équipements lourds bloqués, comme ceux de la centrale à béton du Stade d’Idiofa, qui ne peuvent être déployés.
Les conséquences sont multiples :
- Ralentissement des Rocades Sud-Est et Sud-Ouest à Kinshasa ;
- Délais allongés pour la route Manterne-Tshela-Singini ;
- Modernisation retardée de la RN1 ;
- Construction du Stade d’Idiofa en suspens.
Le Ministre John Banza a lancé une caravane d’inspection dans le Grand Bandundu pour évaluer l’état des infrastructures. « Ces blocages freinent le développement du pays », a-t-il souligné. La population, qui attend avec impatience ces ouvrages modernes, risque de subir encore plus longtemps les conséquences de ces retards.
l’APCSC au cœur des solutions
Pour débloquer la situation, l’intervention de l’APCSC est cruciale. Cette agence, chargée du suivi des conventions, doit jouer son rôle d’interface entre les acteurs techniques, financiers et institutionnels. Les professionnels du secteur rappellent que sans une mobilisation immédiate, les pertes seront financières, mais aussi sociales.
Nico Nzau Nzau insiste : « L’heure n’est plus aux discussions, mais à l’action. Chaque jour de retard coûte cher au pays ». Les matériaux sont disponibles, les financements sont là. Reste à faire tomber les barrières administratives.