Cameroun : les églises non enregistrées dans le collimateur du gouvernement
Cameroun : les églises non enregistrées dans le collimateur du gouvernement
Le Cameroun s’apprête à franchir une étape décisive dans la régulation de ses lieux de culte. Paul Atanga Nji, ministre camerounais en charge des cultes, a annoncé la fermeture prochaine de 1 400 églises non conformes aux exigences administratives du pays. Cette décision intervient après une période de tolérance durant laquelle ces structures devaient régulariser leur situation.
des irrégularités administratives persistantes
En 2024, le gouvernement camerounais avait imposé un enregistrement obligatoire à toutes les nouvelles églises. Pourtant, de nombreuses structures n’ont toujours pas accompli cette démarche. Paul Atanga Nji a clairement indiqué que la période de grâce était désormais terminée : « La tolérance n’a plus sa place dans ce dossier ». Cette annonce fait suite à une série d’incidents tragiques liés à certaines de ces églises, dont l’une a été particulièrement médiatisée.
un drame qui a marqué les esprits
Fin juin, une fillette de 11 ans a été victime d’un meurtre atroce dans l’une de ces églises, « Vie et Paix ». Une jeune femme de 22 ans, fidèle de cette communauté, lui a infligé 17 coups de couteau, affirmant avoir agi sous l’emprise du saint-Esprit. Ce crime a suscité une vague d’indignation à travers le pays, d’autant plus qu’il rappelle un autre cas similaire survenu en mars de la même année, également impliquant une fillette de 11 ans. Ces événements ont accéléré la volonté des autorités de renforcer le contrôle sur ces structures religieuses.
un phénomène en expansion depuis les années 1990
Depuis 2006, le Cameroun tente de maîtriser la prolifération des églises nouvelles, un phénomène qui s’est intensifié à partir de 1994. Cette année-là, la loi sur la liberté d’association, combinée à la dévaluation du franc CFA, a ouvert la porte à une multiplication des mouvements religieux. Les populations vulnérables, confrontées à des difficultés économiques, se sont souvent tournées vers ces prédicateurs. En 2025, près de 200 lieux de culte avaient déjà été fermés pour nuisances sonores, marquant le début d’une politique de régulation plus stricte.
Parmi les 81 associations, églises et institutions religieuses officiellement reconnues depuis 2008, seules 46 sont des églises protestantes ou pentecôtistes. Le gouvernement camerounais a toujours veillé à encadrer strictement ces structures, mais la prolifération incontrôlée de nouvelles églises rend cette tâche de plus en plus complexe.
une lutte contre les dérives religieuses
Les autorités camerounaises justifient cette fermeté par la nécessité de lutter contre les dérives et les pratiques dangereuses qui peuvent émerger au sein de certaines communautés religieuses. La fermeture de ces 1 400 églises non enregistrées s’inscrit dans une volonté plus large de protéger la population et de garantir la sécurité publique.