Lors du Forum panafricain des médias, Chahana Takiou avait dénoncé l’utilisation de la loi sur la cybercriminalité pour museler les journalistes. Il avait notamment affirmé que les délits de presse devraient relever de la législation spécifique à la presse, déclarant avec force que « le journalisme est le même sous tous les cieux ». Ces propos, salués par une partie de l’assistance, ont visiblement irrité les autorités de transition.
Une décision judiciaire qui interroge sur la liberté de la presse
L’avocat de Chahana Takiou a exprimé sa déception face à une condamnation plus sévère que celle attendue. Depuis le coup d’État de 2020 ayant porté le général Assimi Goïta au pouvoir, les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse multiplient les alertes quant aux restrictions croissantes de l’espace public. Poursuites judiciaires, arrestations et dissolution de partis politiques se sont multipliées ces dernières années. Selon le dernier Classement mondial de la liberté de la presse 2026, le Mali occupe la 121ᵉ place sur 180 pays.
Cette condamnation survient dans un contexte de crise sécuritaire persistante, marquée par des attaques jihadistes, des violences intercommunautaires et une instabilité politique chronique.
