Côte d’Ivoire : le CSP renforce la régulation de la publicité en ligne
En pleine transformation numérique, la Côte d’Ivoire accélère la modernisation de son secteur publicitaire. Alassane Koné, conseiller technique du ministre de la Communication et président du Conseil supérieur de la publicité (CSP), a détaillé cette ambition lors de la rencontre « Tout savoir sur », organisée le 2 juin 2026 par le Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG).
Un secteur en pleine mutation face aux défis du numérique
Le paysage publicitaire ivoirien subit une révolution technologique sans précédent. Face à l’émergence de nouveaux acteurs et à la rapidité des innovations, le CSP identifie trois enjeux majeurs pour une régulation efficace : l’évolution accélérée des technologies, les plateformes digitales aux frontières floues et le besoin criant de compétences spécialisées dans la surveillance des contenus.
« Les outils numériques progressent à une vitesse que les cadres réglementaires classiques peinent à suivre », a précisé Alassane Koné. Il a souligné l’impossibilité pour un État seul de contrôler des acteurs dont les activités s’étendent bien au-delà de ses frontières.
Une législation pionnière pour encadrer les influenceurs
Pour combler ce vide, la Côte d’Ivoire a adopté dès décembre 2022 la loi n°2022-979 sur le régime juridique de la communication audiovisuelle. Cette mesure phare impose désormais aux influenceurs dépassant les 25 000 abonnés de se soumettre aux mêmes règles que les médias traditionnels, sous la supervision de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA).
Cette avancée permet de mieux protéger les consommateurs contre les pratiques publicitaires trompeuses. Les annonceurs doivent désormais faire valider leurs campagnes par la Commission de contrôle et de validation (CCV) du CSP avant toute diffusion.
Des sanctions lourdes pour les contrevenants
Malgré ces dispositifs, certaines pratiques irrégulières persistent. Le président du CSP a rappelé que les fraudeurs s’exposent à des peines sévères : amendes pouvant atteindre 3 à 5 % du chiffre d’affaires ou, dans les cas les plus graves, des peines de prison de deux mois. Ces mesures visent à garantir une concurrence loyale et à préserver la confiance des consommateurs.
Avec un marché publicitaire représentant moins de 1 % du PIB ivoirien et un chiffre d’affaires d’environ 30 milliards de francs CFA, le secteur dispose d’un potentiel de croissance considérable. Cette situation contraste avec celle de certains voisins, malgré des marchés parfois moins développés.