Côte d’Ivoire, premier investisseur public de l’UEMOA face aux pays de l’AES

Avec des investissements publics de plus de 4 195 milliards de FCFA, la Côte d’Ivoire s’impose comme le principal moteur économique de l’UEMOA. Ce montant la place loin devant ses partenaires régionaux, notamment les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso et Niger – qui totalisent environ 2 100 milliards, soit seulement la moitié de l’enveloppe ivoirienne. Cette capacité financière témoigne de l’ambition d’Abidjan de mener de grands projets dans les transports, l’énergie et l’aménagement urbain.
La prédominance ivoirienne est encore plus frappante à l’échelle de l’Union. Avec près de 44 % des investissements publics programmés dans l’UEMOA, le pays concentre une part massive des ressources régionales. Son budget d’investissement est presque trois fois supérieur à celui du Bénin, plus de quatre fois celui du Sénégal et plusieurs dizaines de fois celui de la Guinée-Bissau.
Cette avance repose sur la taille de l’économie ivoirienne, la plus vaste de l’Union. Selon l’économiste Nouvou Berté, spécialiste en économie politique et finance internationale, ce leadership s’explique par un marché intérieur étendu, des recettes fiscales conséquentes et un accès privilégié aux marchés financiers. Ces leviers permettent de financer des programmes structurants. Par habitant, la Côte d’Ivoire investit environ 116 500 FCFA, loin devant le Togo, le Bénin, et surtout le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso ou le Niger.
Toutefois, le volume n’est pas le seul indicateur de performance. Certains pays comme le Togo et le Bénin consacrent une part plus élevée de leur budget à l’investissement. Cela rappelle que l’efficacité de la dépense publique est cruciale : routes, ports, universités et réseaux électriques ne produisent des bénéfices que si les projets sont rigoureusement exécutés et répondent aux besoins réels.
Les projections à moyen et long terme confortent la position ivoirienne. Un rapport du Centre for Economics and Business Research (CEBR) de fin 2025 prévoit que le PIB de la Côte d’Ivoire pourrait plus que doubler d’ici 2040. Cette croissance attendue s’appuie sur l’industrialisation, l’agro-industrie (cacao, or, énergie) et le rôle central du Port autonome d’Abidjan comme plateforme logistique régionale.
En somme, la Côte d’Ivoire dispose des moyens financiers, des infrastructures et des capacités de production pour dominer économiquement l’UEMOA. Le défi est désormais de convertir cette puissance en emplois, en croissance des entreprises et en amélioration du niveau de vie.