Le ministre ivoirien du Plan a révélé un succès sans précédent : les investissements publics internationaux alloués au Plan national de développement (PND) 2030 atteignent désormais plus de 80 milliards de dollars, soit quatre fois l’objectif initial fixé.
Cet élan reflète la confiance des bailleurs envers l’économie ivoirienne, l’une des plus dynamiques du continent africain. Après une décennie marquée par des turbulences politico-militaires au début des années 2000, la Côte d’Ivoire affiche aujourd’hui une croissance moyenne de 6,5 % par an, portée par des secteurs stratégiques comme l’agriculture, les mines et les infrastructures.
Un forum d’envergure s’est tenu à Abidjan les 11 et 12 juin, réunissant des responsables gouvernementaux, des investisseurs privés et des représentants des principales institutions financières internationales. L’objectif ? Mobiliser les fonds nécessaires pour concrétiser les ambitions du PND, qui couvre des priorités majeures comme la sécurité intérieure, la modernisation agricole (20 % du PIB), l’émergence de champions industriels locaux et le développement d’un réseau routier performant, incluant un projet de TGV.
Des engagements financiers historiques
Le ministre Souleymane Diarrassouba a souligné l’ampleur de cette mobilisation : « Nous avions sollicité environ 20 milliards de dollars en financements publics, mais nos partenaires au développement ont finalement annoncé plus de 80 milliards de dollars d’engagements. Une performance qui illustre la solidité de nos indicateurs économiques ».
Parmi les acteurs clés de ce soutien figurent la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et l’Union européenne. Le ministre a également mis en avant l’importance du secteur privé, dont la participation est estimée à plus de 70 % des financements, soit un apport potentiel de 147 milliards de dollars supplémentaires.
Le budget total du PND s’élève à 209 milliards de dollars, incluant une contribution significative de l’État ivoirien. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique, avec des découvertes récentes dans les secteurs minier, gazier et pétrolier.
La Côte d’Ivoire avait déjà marqué les esprits en février dernier en levant 1,3 milliard de dollars sur les marchés internationaux, à des conditions particulièrement avantageuses pour un pays émergent. En juin, le Fonds monétaire international (FMI) a également validé un décaissement de près de 833 millions de dollars dans le cadre de programmes d’assistance. L’institution a salué la résilience de l’économie ivoirienne, tout en anticipant un léger ralentissement de la croissance à 6 % en 2026 (contre 6,5 % en 2025) et une inflation projetée à 3,3 % pour l’année en cours.