Crise alimentaire au Sahel : plus de 20% de la population touchée en 2025

Au Sahel, près d’un habitant sur cinq confronté à la famine en 2025

Femme dans un camp de déplacés internes au Nord du Mali

En 2025, la situation alimentaire au Sahel s’est encore détériorée, avec une personne sur cinq confrontée à la pénurie alimentaire. Cette région d’Afrique de l’Ouest, déjà fragilisée par des années de crises successives, enregistre une dégradation continue depuis quinze ans. Les conflits récurrents, couplés aux effets dévastateurs du changement climatique, ont plongé des millions de familles dans une précarité sans précédent.

Le Nord du Mali, épicentre de la crise

Parmi les zones les plus affectées, le Nord du Mali se distingue par son niveau d’insécurité alimentaire extrême. Les violences persistantes ont forcé des milliers de familles à quitter leurs foyers, créant un exode massif vers les régions du Sud, notamment Bamako et Sikasso. Ces déplacements massifs ont non seulement engendré une pression accrue sur les ressources locales, mais ont aussi exacerbé les besoins en assistance humanitaire.

L’ONG Action contre la Faim, représentée par Fanta Touré Diop, alerte sur l’urgence d’une intervention coordonnée. « La crise actuelle dépasse les capacités locales. Sans une mobilisation immédiate des acteurs internationaux et des autorités maliennes, des vies supplémentaires seront perdues », déclare-t-elle.

Un cocktail explosif : conflits, climat et financements en berne

Plusieurs facteurs expliquent cette détérioration dramatique :

  • Les conflits armés : Les affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales entravent l’accès aux terres agricoles et aux marchés, privant les populations de leurs moyens de subsistance.
  • Le changement climatique : Les sécheresses prolongées et les inondations ont réduit les récoltes, aggravant la vulnérabilité des ménages ruraux.
  • La baisse des financements : Les programmes d’aide humanitaire, autrefois bien dotés, subissent des coupes budgétaires drastiques, laissant des millions de personnes sans assistance.

Selon les dernières estimations, 57 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et centrale, dont 24,3 millions au Sahel, sont aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire. Pourtant, seulement 21 % du budget nécessaire pour y répondre a été mobilisé. 11,3 millions d’enfants et de femmes souffrent de malnutrition aiguë, un chiffre qui pourrait encore augmenter sans une réaction rapide.

Quelles solutions pour endiguer la crise ?

Face à cette urgence, plusieurs pistes sont envisagées :

  • Renforcer le leadership politique : Les gouvernements africains doivent placer la sécurité alimentaire au cœur de leurs priorités nationales, en intégrant des stratégies de résilience dans leurs plans de développement.
  • Améliorer les données disponibles : Une meilleure connaissance des besoins locaux permettrait d’optimiser l’allocation des ressources et d’éviter les gaspillages.
  • Mobiliser les financements : La communauté internationale doit augmenter ses contributions pour combler le déficit de 3,7 milliards de dollars nécessaire à la réponse régionale.

L’urgence est double : sauver des vies aujourd’hui et construire des systèmes durables pour demain. Sans une action concertée, la crise alimentaire au Sahel risque de s’aggraver encore, avec des conséquences humanitaires et sociales désastreuses.