Crise humanitaire au Mali : populations affamées sous blocus jihadiste

crise humanitaire au Mali : populations affamées sous blocus jihadiste

Le Mali fait face à une situation dramatique : des milliers de civils subissent un blocus imposé par des groupes armés, plongeant des régions entières dans une famine sans précédent. Malgré les appels répétés de la population et de la classe politique locale, le gouvernement malien maintient une ligne dure : aucun dialogue avec les terroristes, selon les déclarations d’Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères.

une stratégie militaire sans concession

Face à l’inexorable dégradation de la sécurité, Bamako mise sur une réponse militaire pour reprendre le contrôle des territoires occupés. Récemment, des renforts russes ont été déployés aux côtés de l’armée malienne, notamment pour sécuriser des zones stratégiques comme Kidal, où les combats s’intensifient. L’objectif ? Libérer les axes routiers bloqués par les jihadistes et rétablir les approvisionnements essentiels.

Dans la région de Kidal, les forces gouvernementales ont consolidé leur présence à Aguelok, après avoir abandonné temporairement deux localités voisines. Au sud, la priorité reste la levée des barrages routiers qui paralysent le pays, coupant l’accès aux denrées et aux soins pour des centaines de milliers de personnes.

Diafarabé, symbole d’une tragédie humanitaire

À Diafarabé, dans la région de Mopti, le blocus imposé par le groupe Jnim depuis mai 2025 a transformé la vie des habitants en calvaire. Plus de vivres, plus de médicaments, une pénurie généralisée. Les rares convois promis par l’armée n’arrivent jamais, malgré les manifestations désespérées des populations locales. Un témoignage recueilli par nos confrères révèle l’ampleur du drame :

« Personne ne peut entrer ni sortir. Le blocus est total. Tout ce que nous avions comme réserves est épuisé. C’est la famine qui s’installe. Nous avons supplié les militaires de nous aider, mais rien ne vient. Même pendant la crue, nous risquions nos vies pour faire passer des vivres par la rivière. Aujourd’hui, c’est la survie totale. Notre seul vœu ? Avoir à manger. »

un gouvernement intraitable face à l’urgence

Alors que les appels à l’aide se multiplient, notamment via les réseaux sociaux, les autorités maintiennent leur position : pas de négociation avec les groupes armés. Une position qui aggrave la souffrance des populations, prises en étau entre la violence des jihadistes et l’inaction des dirigeants. Les observateurs s’interrogent : jusqu’où ira cette politique avant que la crise ne devienne irréversible ?

En attendant, Diafarabé et d’autres villes du centre du Mali s’enfoncent dans le désespoir, tandis que le reste du pays retient son souffle, craignant que l’étau ne se resserre davantage.