Dans un contexte de pression migratoire sans précédent, le Maroc a annoncé son intention d’accompagner activement le retour des mineurs non accompagnés présents à Ceuta. Cette décision intervient après l’arrivée massive de migrants en provenance des côtes marocaines vers l’enclave espagnole.
Rabat a clairement exprimé sa volonté de collaborer sur ce dossier sensible. Les autorités marocaines se disent « prêtes à œuvrer » au retour des jeunes isolés se trouvant à Ceuta, tout en soulignant les défis juridiques et administratifs que cette opération soulève du côté espagnol. Une source diplomatique, sous couvert d’anonymat, a précisé que le Maroc s’engage à identifier ces mineurs en vue de leur rapatriement, en coordination avec les partenaires espagnols et européens.
Toutefois, les interlocuteurs européens doivent, selon les autorités marocaines, surmonter les obstacles internes liés à leurs cadres législatifs et à leurs procédures judiciaires pour faciliter cette démarche. « Les partenaires doivent transcender les contraintes de leurs systèmes pour permettre une résolution efficace », a-t-il été souligné.
Des chiffres records et des défis humanitaires
Entre fin juillet et début août, plus de 72 000 migrants ont franchi illégalement la frontière de Ceuta, un afflux historique en si peu de temps. Parmi eux, près de 70 000 ont été renvoyés vers le Maroc. Sur les 2 000 personnes encore présentes sur place, plus de la moitié sont des mineurs isolés, dont les origines exactes n’ont pas été révélées. Leur situation préoccupe les acteurs locaux : risques d’exploitation, de trafics ou de maltraitance menacent ces jeunes, selon les alertes lancées par plusieurs associations.
Un bilan humain tragique
Cette crise a déjà coûté la vie à au moins 80 personnes, principalement par noyade lors des traversées. De leur côté, les autorités marocaines ont recensé 11 décès sur leur territoire frontalier.