Cybermenaces au Gabon : des ong dénoncent les risques liés aux vpn après la suspension des réseaux sociaux
Un groupe d’associations gabonaises a déposé plusieurs plaintes ce week-end à Libreville pour alerter sur l’augmentation inquiétante des cyberattaques, particulièrement le piratage de comptes WhatsApp et Facebook.
Selon les témoignages recueillis, plus d’une cinquantaine de Gabonais, issus de tous les milieux, ont signalé avoir été victimes de ces intrusions malveillantes. Une enquête menée par le collectif révèle que l’utilisation massive des réseaux privés virtuels (VPN), adoptée pour contourner la coupure des réseaux sociaux depuis le 17 février, jouerait un rôle clé dans cette escalade de cybermenaces.
« Les appels ou messages frauduleux proviennent souvent de numéros commençant par +500 ou +600, des indicatifs internationaux. Cela suggère fortement que les auteurs ne se trouvent pas sur le territoire gabonais », a déclaré Patrice Thérence Mezui, président de la Ligue nationale des droits humains, porte-parole du collectif.
Le phénomène, autrefois limité, s’est généralisé depuis que la Haute Autorité de la communication (HAC) a suspendu l’accès aux plateformes sociales le 17 février 2026. Une décision qualifiée d’illégale par les associations, qui y voient une entorse à la Constitution, notamment au chapitre des libertés fondamentales.
« L’acte administratif contesté a été jugé hors de portée des juridictions ordinaires, car considéré comme un acte de gouvernement », a précisé M. Mezui, évoquant le rejet des plaintes par le tribunal de première instance. Face à cette impasse, le collectif s’est tourné vers le Conseil d’État, où l’instruction est en cours. « Nous attendons désormais sa décision sans délai », a-t-il indiqué, sans dévoiler la date exacte du dépôt de la requête.
Plainte collective : la fin de la suspension des réseaux sociaux exigée
Les associations estiment que la coupure prolongée des réseaux sociaux expose les citoyens gabonais à des risques accrus de cybercriminalité. Elles réclament donc sa levée immédiate, dénonçant une mesure devenue quasi permanente. Par ailleurs, elles appellent le chef de l’État à promulguer la nouvelle loi sur l’usage des réseaux sociaux, adoptée par le Parlement. Enfin, elles proposent l’ouverture d’un dialogue national pour trouver un compromis sur la question.
La HAC avait justifié cette restriction par la nécessité de lutter contre la désinformation, le cyberharcèlement et les discours de haine. Cependant, la société civile considère que cette approche est disproportionnée et incompatible avec les principes d’un État de droit.