Escorte militaire des camions de moutons vers Bamako pour la Tabaski

Des convois militaires protègent les moutons destinés à la Tabaski à Bamako

À quelques jours de la fête de la Tabaski, la capitale malienne, Bamako, voit enfin affluer les moutons nécessaires aux célébrations. Ces animaux, autrefois bloqués par les actions du Jnim, arrivent désormais en masse grâce à l’intervention de l’armée malienne. Des troupeaux entiers se pressent sur les grands axes et les espaces dégagés de la ville, signe d’un approvisionnement enfin relancé.

Cependant, le parcours reste semé d’embûches. Plusieurs camions non protégés ont été ciblés par des incendies criminels attribués aux combattants djihadistes, entraînant une hausse significative des coûts de transport des ovins vers la capitale.

Moutons en attente de vente sur un marché de Bamako

Une route nationale 6 sous haute tension

La route nationale 6, reliant Ségou à Bamako sur plus de 200 kilomètres, est devenue un terrain de confrontation. Les djihadistes du Jnim, affiliés à Al-Qaïda, y appliquent un « blocus » en incendiant les véhicules de transport et les voitures particulières. Cette stratégie perturbe gravement les échanges commerciaux et aggrave la pénurie de denrées essentielles avant les festivités.

L’armée malienne renforce ses actions pour briser le blocus

Face à cette situation, l’armée malienne multiplie les initiatives pour sécuriser les axes routiers. Des patrouilles régulières, des frappes aériennes ciblées et des escortes militaires accompagnent désormais les convois de marchandises, dont les moutons destinés à la Tabaski. Malgré ces efforts, les groupes armés continuent de harceler les transporteurs, comme en témoigne un éleveur de la région de Ségou.

« Près de Zambougou, des projectiles ont été lancés sur notre camion transportant des moutons. Le chauffeur, pris de panique, a stoppé le véhicule pour mettre en sécurité les passagers et les animaux. Peu après, les assaillants ont incendié le camion avec tout son chargement. Nous avons dû parcourir à pied les dizaines de kilomètres nous séparant de Konobougou, avant de trouver un véhicule de transport escorté par l’armée jusqu’à Zantiguila. »

Des prix en forte augmentation sur le marché

Les attaques répétées ont un impact direct sur les coûts. Le transport d’un mouton, qui coûtait environ 2 000 francs CFA en province, atteint désormais 5 000 à 6 000 francs CFA à Bamako. Cette flambée des prix se répercute sur les étals, où les familles peinent à s’offrir un animal pour la fête.

Un chef de famille rencontré dans le quartier Sans Fil s’inquiète : « L’an passé, ce mouton coûtait 125 000 francs CFA. Aujourd’hui, il faut débourser 175 000 francs CFA ici, et jusqu’à 250 000 francs CFA ailleurs dans Bamako. Le blocus des routes a clairement aggravé la situation. Nous espérons une résolution rapide pour retrouver des prix raisonnables. »

Préparation de moutons pour la Tabaski à Bamako

Une vente promotionnelle organisée par les autorités

Pour atténuer les effets de cette crise, les autorités maliennes lanceront demain une vente promotionnelle de moutons dans plusieurs sites de Bamako. Les lieux retenus incluent le district de Sogoniko, l’hippodrome, Torokorobougou, le terrain Sahaba de Lafiabougou et l’ancien terrain de l’AS Real à Badialan I. Les fidèles pourront ainsi acquérir des animaux à des tarifs réduits, dans l’espoir de rendre la Tabaski plus accessible à tous.