Failles cryptographiques : mythos perce les secrets de hawk et AES

failles cryptographiques : mythos perce les secrets de hawk et AES

L’intelligence artificielle au service de la cybersécurité

illustration sur les failles cryptographiques

Illustration : Flock

l’équipe frontier red team d’anthropic révèle des faiblesses dans deux algorithmes cryptographiques majeurs : hawk et une version simplifiée d’AES. ces découvertes, bien que théoriques, soulèvent des questions sur l’avenir de la sécurité des données.

cybersécurité et intelligence artificielle

l’équipe frontier red team d’anthropic a récemment partagé ses travaux sur l’identification de faiblesses dans deux algorithmes cryptographiques : hawk, un schéma de signature post-quantique, et une version simplifiée de l’AES, utilisé en recherche. ces résultats, bien que sans impact immédiat sur les systèmes actuels, révèlent des vulnérabilités potentielles à long terme.

Hawk, un algorithme post-quantique en sursis

hawk figurait parmi les candidats retenus pour l’appel à projets lancé par le nist afin de sélectionner de nouveaux algorithmes résistants aux ordinateurs quantiques. après avoir passé deux ans sous l’examen d’experts, il vient d’être retiré du processus en raison d’une faille majeure découverte par mythos, une version interne d’anthropic.

l’attaque exploitée repose sur une symétrie géométrique, permettant de réduire de moitié la taille des clés nécessaires pour compromettre la sécurité du système. pour hawk-256, la complexité de récupération de la clé est passée de 2⁶⁴ à 2³⁸ opérations. en pratique, cela signifie qu’un serveur standard de 96 cœurs peut extraire la clé secrète en seulement 3 heures et 42 minutes.

face à cette découverte, les concepteurs de hawk ont choisi de retirer l’algorithme du processus de sélection du nist, car doubler la taille des clés aurait compromis son principal avantage : sa légèreté de calcul.

Les leçons de siike et rainbow

cette situation rappelle d’autres échecs passés, comme siike, qui pouvait être compromis en une heure sur un pc classique, ou rainbow, dont une attaque permettait de retrouver la clé secrète après 53 heures en moyenne. chaque candidat post-quantique doit désormais faire face à des tests toujours plus exigeants.

AES : une version réduite vulnérable, mais pas la norme

l’algorithme AES, utilisé mondialement pour sécuriser les transactions bancaires et les communications via tls, reste robuste dans sa version standard. en revanche, une version simplifiée à 7 tours (au lieu des 10 habituels) a été compromise par mythos grâce à une technique innovante appelée « pont de möbius ». cette méthode accélère les attaques existantes d’un facteur 200 à 800, mais reste cantonnée au domaine académique.

les trois tours supplémentaires dans la version standard d’AES-128 rendent toute exploitation concrète impossible. selon l’anssi, une taille minimale de 128 bits reste recommandée, mais il est conseillé d’opter pour 192 bits pour une sécurité post-quantique, avec un surcoût de performance négligeable.

L’intelligence artificielle au cœur des découvertes

les travaux d’anthropic mettent en lumière le rôle croissant de l’ia dans la cybersécurité. mythos a non seulement permis d’identifier ces failles, mais a également généré plus d’un milliard de jetons pour concevoir une nouvelle méthode d’attaque contre AES. cette approche, bien que coûteuse (environ 100 000 dollars), ouvre la voie à des recherches automatisées en cryptographie.

pour garantir la fiabilité des résultats, chaque découverte a été soumise à une vérification rigoureuse par deux chercheurs pendant un mois. cette étape cruciale permet d’éliminer les erreurs potentielles et de valider les équations proposées par l’ia.

Vers une nouvelle ère de la cryptographie ?

ces avancées soulèvent des questions sur l’équilibre entre performance et sécurité. si les failles découvertes n’affectent pas les systèmes actuels, elles rappellent l’importance de la vigilance dans un domaine où les menaces évoluent constamment. l’essor des lllm pourrait bien accélérer la découverte de nouvelles vulnérabilités, mais aussi renforcer les mécanismes de défense.

en attendant, les recommandations de l’anssi restent claires : pour une sécurité optimale, il est préférable d’utiliser des clés de 192 ou 256 bits, même si 128 bits restent conformes aux normes actuelles.