Félix Tshisekedi exige l’arrêt immédiat de la militarisation illégale des mines en RDC
Félix Tshisekedi exige l’arrêt immédiat de la militarisation illégale des mines en RDC
Le président Félix Tshisekedi a ordonné ce week-end la fin immédiate de toute présence militaire ou policière irrégulière sur les sites miniers congolais. Une décision marquée par l’urgence et la fermeté, alors que ces pratiques menacent la stabilité économique et la réputation internationale de la RDC.
Un secteur stratégique sous haute surveillance
La République démocratique du Congo, richement dotée en minerais stratégiques comme le cobalt et le cuivre, occupe une place centrale dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Pourtant, son secteur minier reste fragilisé par des pratiques illégales persistantes, dont la militarisation des sites. Lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi à la Cité de l’Union africaine, Félix Tshisekedi a rappelé avec insistance l’interdiction formelle de toute occupation illégale de ces zones d’exploitation.
Le Chef de l’État a souligné les conséquences désastreuses de ces agissements : « Des perceptions négatives sur la gouvernance de nos ressources, des circuits illicites favorisés, et une perte de confiance des investisseurs internationaux ». Selon les comptes-rendus officiels, ces irrégularités nuisent également à la crédibilité des réformes engagées par le gouvernement pour moderniser le secteur.
Des mesures concrètes et immédiates
Face à cette situation, Félix Tshisekedi a donné des instructions claires aux plus hautes autorités sécuritaires du pays : le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, le ministre de la Défense, le chef d’état-major des FARDC et le commissaire général de la PNC. Objectif : retrait immédiat des militaires et policiers illégalement présents sur les sites, cessation de toute interférence dans les activités minières, et démantèlement des réseaux de fraude soutenus par des éléments en uniforme.
La traçabilité des minerais et le respect des cadres légaux ont été présentés comme des priorités absolues. Le gouvernement a également été appelé à renforcer les mécanismes de contrôle pour garantir la transparence et la conformité aux standards internationaux.
Un problème récurrent dans l’histoire minière congolaise
Cette décision s’inscrit dans la continuité des efforts gouvernementaux pour assainir le secteur. Déjà en 2022, une mesure similaire avait été prise pour expulser les militaires et policiers des carrières artisanales, après des années de dénonciations sur les abus commis (extorsions, trafic d’influence, exploitation illégale). Ces irrégularités avaient été particulièrement documentées dans la région du Grand Katanga, où certains agents de la Police des mines étaient accusés de complicité avec des réseaux internationaux, notamment chinois.
Pour Félix Tshisekedi, la lutte contre ces pratiques ne souffre aucun délai : « La militarisation illégale des sites compromettait la jouissance paisible des droits miniers, créait un climat d’insécurité et favorisait l’enrichissement illicite ». Les sanctions exemplaires promises visent à dissuader toute velléité de retour à ces agissements.
Un enjeu de souveraineté et de développement
Au-delà des aspects sécuritaires, cette crise illustre les défis structurels du secteur minier congolais. Avec des réserves estimées à plus de 70 % du cobalt mondial, la RDC ne peut se permettre de laisser ces pratiques entacher sa réputation. La transparence et le respect du cadre légal deviennent des impératifs pour attirer les investissements et assurer une exploitation durable de ses ressources.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’application de ces mesures. Le gouvernement devra démontrer sa capacité à faire appliquer les directives présidentielles, tout en garantissant la sécurité des opérateurs légaux et des communautés locales impliquées dans l’exploitation minière.