Financement de la santé sexuelle au Burkina Faso : cap vers l’autonomie locale
Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a organisé, le 24 mars 2026, une session de réflexion sur un enjeu vital : l’avenir de la santé sexuelle au Burkina Faso. Dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire et le retrait progressif des aides internationales, la question du financement endogène est devenue une priorité absolue pour maintenir les services de planification familiale.
Historiquement, le secteur de la santé reproductive dépendait à 81 % de l’aide extérieure, selon les statistiques du ministère de la Santé. Cependant, la réduction drastique de ces apports oblige désormais les autorités et la société civile à explorer des mécanismes de financement internes pour combler ce déficit structurel.

L’implication communautaire comme pilier de la pérennité
Désiré Thiombiano, à la tête de AMS synergie Burkina Faso, préconise une rupture avec la dépendance. « L’heure n’est plus à l’attente de financements externes. Il est impératif d’investir nos propres ressources dans la santé sexuelle pour lutter efficacement contre les mariages d’enfants, les grossesses précoces et la mortalité maternelle », a-t-il martelé.
Pour concrétiser cette vision, l’expert propose trois axes majeurs :
- Sensibiliser les citoyens à l’importance de contribuer directement à la mobilisation des fonds.
- Promouvoir la masculinité positive en engageant les leaders religieux et coutumiers dans le plaidoyer.
- Institutionnaliser la collecte de fonds au niveau des collectivités territoriales pour garantir une gestion transparente et locale.
L’engagement de l’État burkinabè
Malgré les défis, le gouvernement ne reste pas inactif. Entre 2020 et 2025, environ 3,9 milliards de francs CFA ont été mobilisés par l’État pour l’achat de produits contraceptifs. La Dre Clarisse Bougma, représentant la direction de la santé de la famille, a réaffirmé la volonté du ministère de maintenir l’accès aux soins, particulièrement dans les zones à fort défi sécuritaire.
Elle estime que la recherche de solutions endogènes est une « priorité stratégique » indispensable pour atteindre les objectifs de développement durable et assurer la pérennité des programmes de santé.

De son côté, Boureima Sanga, coordinateur du REMAPSEN au Burkina Faso, souligne le rôle crucial de la presse. Pour lui, les journalistes doivent maîtriser ces nouveaux mécanismes de financement afin de mieux éduquer le public et soutenir la souveraineté sanitaire du pays.
Depuis sa création en 2020, le REMAPSEN, soutenu par le Partenariat de Ouagadougou, multiplie les initiatives pour encourager des solutions locales face aux crises sanitaires et environnementales en Afrique.