Frappes aériennes russes au Mali : des civils tués dans un village sous contrôle des islamistes

Huit civils, dont trois enfants, tués par une frappe de l’Africa Corps

Le 15 juin 2026, un avion de type Soukhoï Su-24, identifié par des sources militaires maliennes comme appartenant à l’Africa Corps, a lancé deux frappes sur le village de Kyrnia, situé dans la région de Mopti au centre du Mali. Ces attaques ont causé la mort de huit civils, dont trois enfants, et blessé plusieurs autres personnes. Aucun combattant du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, ne figurait parmi les victimes.

Un marché aux bestiaux et une résidence civile visés

La première munition a frappé l’extérieur de la résidence du chef du village, tuant deux de ses enfants, son épouse et un autre enfant, tout en blessant une femme. La seconde a atteint un marché aux bestiaux situé à une vingtaine de mètres, où quatre hommes ont péri et deux autres ont été blessés. Des habitants ont décrit l’impact dévastateur des explosions, évoquant des corps déchiquetés, des étals détruits et des animaux morts.

Une attaque illégale selon les observateurs

« Un avion contrôlé par le gouvernement russe a tué des civils dans un village malien, violant clairement le droit de la guerre », a dénoncé une chercheuse spécialiste du Sahel, soulignant que le Mali partage la responsabilité des exactions commises par ses alliés. Une enquête a été menée par téléphone et via des analyses d’images satellites, confirmant la localisation des frappes à Kyrnia.

Contexte : le Mali sous l’influence de la Russie

Depuis 2020, le Mali est dirigé par une junte militaire qui a rompu ses alliances avec la France et les Nations unies. Le pays s’est tourné vers la Russie, notamment via le groupe Wagner, désormais intégré à l’Africa Corps sous contrôle direct de Moscou. Ce soutien inclut des frappes aériennes menées par des avions Su-24, officiellement pour combattre les groupes armés islamistes.

Des frappes revendiquées mais controversées

L’Africa Corps a revendiqué sur les réseaux sociaux une frappe contre un « lieu de rassemblement de terroristes » dans la région de Mopti, publiant une vidéo des attaques. Pourtant, les images satellites et les témoignages confirment que les cibles étaient civiles. Le GSIM, qui contrôle Kyrnia depuis six ans, aurait été présent dans le village au moment des frappes, principalement dans une mosquée et près du marché.

Des victimes civiles malgré la présence de combattants

Des habitants ont rapporté la présence d’une centaine de combattants du GSIM, dont un haut commandant, mais aucun dans les zones frappées. Le chef du village, dont la résidence a été touchée, est accusé par certains d’entretenir des liens avec le GSIM, notamment via deux de ses fils. Cependant, aucune preuve n’indique que sa maison servait de dépôt d’armes ou de munitions.

Violation du droit international : une enquête nécessaire

Les frappes de Kyrnia constituent une violation flagrante du droit de la guerre, qui interdit les attaques indiscriminées ou disproportionnées. Les parties au conflit doivent prendre toutes les précautions pour éviter les pertes civiles. Le gouvernement malien est tenu d’enquêter sur cet incident et de sanctionner les responsables, y compris les membres de l’Africa Corps.

« La junte malienne ne peut se soustraire à ses obligations en invoquant les actions de ses alliés russes. Elle doit mener une enquête impartiale sur les crimes de guerre possibles, sous peine d’être complice de ces exactions », a insisté une experte en droits humains.

Des témoignages accablants

Les récits des survivants et des témoins sont unanimes : l’avion a volé à basse altitude avant de larguer ses bombes. Un commerçant de 35 ans a décrit l’impact comme une « boule de feu », tandis qu’un éleveur de chameaux a été projeté au sol par le souffle de l’explosion. Les dégâts matériels et humains sont considérables, laissant une communauté sous le choc et en deuil.