Fuite de milliers de Burkinabè vers le Mali: le centre de Koro sous pression
Des réfugiés du Burkina Faso arrivent à Koro dans le centre du Mali (11.04.24)

À Koro, les infrastructures locales peinent à absorber ce flux massif, et les défis restent énormes pour subvenir aux besoins fondamentaux de ces personnes déplacées.

Depuis le 26 mai, des milliers de Burkinabè affluent vers la localité de Koro, dans le centre du Mali, fuyant les violences perpétrées par des groupes armés jihadistes dans leur région d’origine. Selon les autorités locales, le nombre de réfugiés est estimé à plusieurs milliers.

Hamsetou, arrivée à Koro avec sa fille et d’autres membres de sa famille, raconte : “Deux hommes sont venus à moto dans notre village de Sia, dans le département de Gomboro, au centre du Burkina Faso. Nous avons pris peur. Ils sont arrivés le jour du marché et nous ont ordonné de quitter les lieux avant le lever du soleil. Nous sommes donc partis dans la nuit, nous cachant dans les villages voisins. Le lendemain, nous avons pris un taxi pour Koro.”

« Ils sont arrivés chez nous en nous ordonnant de quitter notre village avant le lever du soleil » (Femme déplacée)

“Nous avons tout abandonné”

Hamsetou envisage de s’installer durablement à Koro, en attendant que la situation se normalise chez elle. Outre Sia, une grande partie des habitants de Gani, Bouli, Kogan, Ganagoulo et Kouéré ont également pris la route du Mali. Près des trois quarts des réfugiés sont des femmes et des enfants.

Oumou, originaire de Ganagoulo, relate : “Le 26 mai, j’ai vu des hommes armés se diriger vers les villages de Bouli et de Gani. Ils sont ensuite venus chez nous en nous prévenant que le même sort nous attendait. Nous avons fui sur-le-champ, laissant tout derrière nous : maisons, greniers, bétail. Certains ont marché, d’autres ont utilisé des tricycles, des charrettes ou des vélos pour atteindre Koro.” Oumou est arrivée saine et sauve avec son mari et ses quatre enfants.

Issa Sagara, maire adjoint de Koro, tire la sonnette d’alarme : les conditions d’accueil, d’hébergement et d’alimentation des réfugiés burkinabè sont très précaires. Il appelle à une mobilisation générale. Les déplacés sont actuellement répartis sur plusieurs sites dans la ville et ses environs.