Gabon : Daisy Akinikoussou dénonce les attaques contre la famille du président Oligui Nguema

Face aux attaques répétées de l’activiste Landry Mbeng, plus connu sous le pseudonyme Lanlaire, contre le président Brice Clotaire Oligui Nguema, son épouse ainsi que sa mère, la députée Daisy Léance Akinikoussou a pris une position ferme. Dans une déclaration intitulée « Il faut savoir dire : ça suffit ! », elle fustige une dérive qui, selon elle, franchit une limite : celle de la critique politique pour atteindre l’honneur des femmes et, par extension, celui des familles.
Pour cette élue du deuxième siège des Plateaux, la liberté de s’opposer à un dirigeant ne justifie en rien de s’en prendre à ses proches. Daisy Léance Akinikoussou, également secrétaire générale du Réseau national des femmes députés (RENAFED), rappelle que la confrontation politique, aussi vive soit-elle, ne doit pas empiéter sur la sphère privée des familles.
Son intervention fait écho à des propos tenus récemment par Lanlaire, dont les attaques ciblent désormais la mère du chef de l’État. Une ligne rouge, selon l’élue, qui marque une escalade inacceptable dans le débat public.
Une mère, une dignité intouchable
« Une mère reste une mère, quelle que soit la fonction de son enfant », affirme avec force Daisy Léance Akinikoussou. Pour elle, la mère du président ne peut être réduite à une cible politique sous prétexte que son fils occupe des fonctions publiques. Elle trace une frontière claire : « On peut critiquer le Président, contester ses choix et rejeter sa gestion avec la plus grande fermeté. Mais sa mère n’a pas à être associée à sa vie politique simplement parce qu’elle est sa mère ».
Au-delà de la défense du président Oligui Nguema, son plaidoyer repose sur un principe universel : le respect de la dignité humaine. « Défendre la mère du Président aujourd’hui, ce n’est pas soutenir un régime. C’est défendre un principe : celui du respect dû à toute personne, indépendamment de ses liens familiaux avec une personnalité publique », souligne-t-elle.
La dignité des femmes au cœur de la polémique
En tant que secrétaire générale du RENAFED, Daisy Léance Akinikoussou aborde cette affaire sous l’angle de la protection des femmes contre les violences symboliques. Elle rappelle qu’exiger le respect pour soi-même tout en participant à l’humiliation d’autrui est une contradiction. « Le combat pour les droits des femmes ne peut être sélectif », déclare-t-elle. « Défendre les femmes, c’est les défendre toutes, y compris celles dont les opinions ou les alliances nous éloignent ».
Son message vise à recentrer le débat sur la banalisation des insultes et des attaques personnelles sur les réseaux sociaux, un phénomène qui dépasse le cadre politique.
Un précédent dangereux pour demain
Pour l’élue, accepter ces pratiques reviendrait à ouvrir la porte à des abus généralisés. Les attaques verbales d’aujourd’hui pourraient demain cibler la famille d’un opposant, d’un journaliste, d’un militant ou d’un simple citoyen. « Aujourd’hui, c’est la mère du Président. Demain, ce pourrait être celle d’un opposant, d’un militant ou même d’un citoyen ordinaire », met-elle en garde.
Son appel ne consiste pas à immuniser le chef de l’État contre toute critique. Elle reconnaît pleinement le droit de contester ses décisions et sa gouvernance. Cependant, elle exige que cette opposition reste centrée sur les actes politiques et non sur les proches du dirigeant.
Retrouver les limites d’un débat sain
Cette intervention s’inscrit dans un contexte où plusieurs acteurs de la société gabonaise dénoncent une dégradation alarmante du débat en ligne. Au-delà des clivages politiques, la question des frontières acceptables dans la confrontation publique est désormais posée. Daisy Léance Akinikoussou résume sa pensée en une phrase percutante : « On peut être un adversaire politique déterminé sans devenir un ennemi de la dignité humaine ».
Une distinction qu’elle juge essentielle : dans une démocratie, les idées doivent être combattues avec force, et les gouvernants soumis à la critique. En revanche, transformer les mères, épouses ou proches en cibles revient à basculer dans un terrain où plus aucune limite ne subsiste. D’où son interpellation sans ambiguïté : « Ça suffit ! ».