Gabon : un modèle macroéconomique pour sécuriser les finances de l’État

Face à la volatilité des marchés pétroliers et à la pression croissante sur les finances publiques, le Gabon se dote d’un outil stratégique pour éclairer ses choix budgétaires. Le Fonds monétaire international (FMI) élabore actuellement un modèle macroéconomique prédictif, conçu pour anticiper les répercussions d’une chute des prix du pétrole, d’une poussée inflationniste ou d’un alourdissement de la dette. Ce dispositif, détaillé dans un rapport technique, vise à renforcer la résilience économique du pays en offrant aux autorités gabonaises une vision claire des scénarios futurs.

Selon les projections du FMI, les besoins annuels de financement du Gabon pourraient atteindre en moyenne 19 % du PIB de 2024 à 2029. Cette pression s’explique notamment par le remboursement des Eurobonds et la difficulté d’accéder à des financements concessionnels. Parallèlement, les intérêts de la dette pourraient engloutir entre 20 % et 30 % des recettes publiques, tandis que le service total de la dette représenterait entre 80 % et 115 % des recettes budgétaires. Autant de défis qui rendent indispensable un outil d’analyse performant.

Ce modèle innovant permettra aux décideurs gabonais d’évaluer l’impact de leurs politiques économiques. Il intégrera plusieurs scénarios, notamment une baisse des cours du pétrole, un ralentissement de la croissance ou une évolution des recettes fiscales. Connecté au Debt Dynamic Tool (DDT), il offrira une analyse globale des liens entre croissance, inflation, finances publiques et soutenabilité de la dette. L’objectif ? Optimiser la préparation des budgets et renforcer la gestion des risques.

Le projet, prévu jusqu’en mars 2027, mobilisera 32 experts issus des administrations économiques gabonaises et de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). À terme, le FMI ambitionne que ce modèle devienne le référentiel des travaux de cadrage macroéconomique, des lois de finances et des dialogues avec les partenaires financiers. Dans un contexte de négociations en cours pour un nouveau programme, cette initiative vise à renforcer la crédibilité des politiques publiques et à sécuriser la gestion des finances de l’État.

Idrissa Diakité