Gabon : un partenariat marocain pour booster l’industrie locale

À Libreville, au Palais Rénovation, les dirigeants gabonais et marocains ont acté un tournant industriel majeur. Le géant cimentier CIMAF, dirigé par Anas Sefrioui, et le président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, ont officialisé un investissement de 40 millions d’euros. Cet engagement vise à moderniser l’usine d’Owendo en y ajoutant une troisième ligne de production, répondant ainsi à l’explosion des besoins en matériaux de construction.

Cette collaboration s’inscrit dans une logique de souveraineté industrielle. Le gouvernement gabonais renforce sa participation dans la filiale locale, portant désormais sa part à 20 % du capital. Une première acquisition de 10 % avait déjà été réalisée fin 2025. L’objectif ? Disposer d’un contrôle accru sur ce fleuron économique, aligné sur la stratégie nationale lancée en août 2023 pour transformer les investissements étrangers en opportunités de co-développement.

Pour CIMAF, cet accord marque une étape clé dans sa stratégie continentale. Le groupe marocain accélère son retrait du marché européen, où la concurrence et la saturation des marchés rendent les perspectives moins attractives. En parallèle, il mise sur l’Afrique, continent où la demande en infrastructures urbaines et rurales (logements, routes, ponts) explose. La cession de sa dernière unité française en France illustre cette réorientation majeure.

Cette alliance dépasse le cadre économique. Elle symbolise un changement de paradigme pour le Maroc, dont les investissements industriels se déployaient jusqu’ici principalement en Afrique de l’Ouest. Désormais, les acteurs privés marocains étendent leur influence en Afrique centrale, positionnant le Gabon comme un hub stratégique. Pour ce pays, dont l’économie dépend encore largement du pétrole, ce projet pilote ouvre la voie à une diversification industrielle ambitieuse, combinant expertise étrangère et leadership local.