Libreville — La transformation numérique des services publics n’est plus une option, mais une nécessité stratégique pour les États africains. Le Gabon, conscient de cet impératif, accélère sa mutation administrative avec le programme Gabon Digital. À Nkok, des ateliers dédiés à la refonte des processus métiers viennent d’être lancés, marquant le début d’une révolution administrative sans précédent.
Dès maintenant, le Secrétariat général du Gouvernement, sous l’égide du programme Gabon Digital, engage une refonte profonde des méthodes de travail au sein des administrations. L’objectif ? Transformer radicalement la relation entre l’État, les citoyens et les entreprises en fluidifiant les démarches, en réduisant les délais et en garantissant une transparence accrue.
Cette initiative, loin d’être un simple projet technique, s’inscrit dans une logique de modernisation globale. Elle vise à éliminer les lourdeurs bureaucratiques, les fragmentations administratives et les multiples déplacements souvent nécessaires pour accomplir une simple démarche. Une ambition qui place le Gabon à l’avant-garde des réformes institutionnelles en Afrique centrale.
Nkok : épicentre d’une révolution administrative
Les ateliers organisés dans la commune de Ntoum, à Nkok, constituent le cœur battant de cette transformation. Sous la coordination de la Directrice générale adjointe de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences, Maryse Lydie Madiba Iloumbou, ces sessions ont pour mission de cartographier les services publics prioritaires. Cette phase cruciale permettra d’identifier les procédures à digitaliser en priorité et de préparer leur intégration au futur Portail gouvernemental des services (PGS).
Pour Maryse Lydie Madiba Iloumbou, la digitalisation ne se limite pas à la dématérialisation des formulaires. Elle exige une analyse fine des processus existants, une simplification des circuits décisionnels et une refonte des circuits administratifs. Chaque service doit être repensé pour offrir une expérience utilisateur optimale, tout en garantissant efficacité et traçabilité.
Les travaux en cours aboutiront à l’élaboration d’un catalogue national des services publics, d’une cartographie complète des domaines métiers et d’un plan d’action pour les premières mises en ligne. Le Portail gouvernemental des services deviendra ainsi le guichet unique où citoyens et entreprises pourront accéder à l’ensemble des prestations administratives sans se déplacer.
Un portail unique pour des services simplifiés
Selon Issoufou Donagnon Soro, coordonnateur métier du PGS, cette plateforme ambitionne de regrouper progressivement tous les services publics digitalisés. Demandes de certificats, déclarations fiscales, autorisations administratives, paiements en ligne ou suivi des dossiers : tout sera accessible via une seule interface, réduisant ainsi les délais, les coûts et les risques de corruption.
Pour cette phase pilote, cinq ministères ont été sélectionnés : Intérieur, Justice, Mines, Économie et Agriculture. Chacun devra proposer dix services prioritaires, dont deux seront retenus pour une intégration immédiate dès septembre 2026. Une sélection qui s’appuiera sur des critères de simplicité, d’impact et de faisabilité technique.
Une réforme qui engage bien au-delà des outils numériques
La réussite du programme Gabon Digital repose sur trois piliers : l’adhésion des administrations, la formation des agents publics et l’évolution des cultures organisationnelles. Pour y parvenir, les autorités ont prévu un accompagnement personnalisé des ministères concernés, combinant expertise technique, gestion de projet et conduite du changement.
Les ateliers se poursuivront jusqu’en août, suivis d’une phase de consolidation pour harmoniser les approches entre les différents ministères. L’enjeu est de taille : construire une administration plus rapide, plus transparente et plus proche des usagers. Dans un contexte où les investisseurs évaluent autant la stabilité politique que l’efficacité administrative, la digitalisation devient un levier de compétitivité économique et sociale.
Le Gabon ne se contente pas de moderniser ses infrastructures. Il réinvente sa relation avec les citoyens et les entreprises, posant les bases d’un État plus agile et plus résilient. La révolution numérique des services publics est en marche, et le Gabon pourrait bien en devenir l’un des modèles en Afrique.
