Hausse des coûts de la construction à N’Djamena : quels impacts pour les ménages ?

À N’Djamena, les particuliers et les professionnels du bâtiment voient leurs projets de construction ralentis par une hausse brutale des prix des matériaux, observable dans l’ensemble des quincailleries de la capitale tchadienne.

Des augmentations record pour les matériaux essentiels

Plusieurs produits de première nécessité enregistrent des hausses spectaculaires ces dernières semaines. Le lambour, autrefois accessible à 3 000 FCFA, s’échange désormais entre 4 500 et 5 000 FCFA. Le chevron, indispensable pour les charpentes, a vu son prix bondir de 6 000 à 9 000 FCFA. Quant à la planche blanche, utilisée pour les aménagements intérieurs, son coût est passé de 9 000 à 14 000 FCFA, soit une augmentation de plus de 50 %. Le sac de ciment Dangote, référence dans le secteur, se négocie désormais à 11 000 FCFA.

Des coûts d’importation à l’origine de la flambée

Les responsables de quincailleries pointent du doigt l’alourdissement des droits de douane sur les importations, identifié comme le principal facteur de cette inflation. « Les nouveaux tarifs douaniers ont été multipliés par deux, ce qui a mécaniquement renchéri nos coûts d’approvisionnement », confie Mahamat, gérant d’un commerce de matériaux à N’Djamena. Cette mesure, bien que visant à soutenir l’économie locale, pèse lourdement sur les budgets des consommateurs.

Un secteur en difficulté

Les artisans et les promoteurs immobiliers subissent de plein fouet cette hausse des coûts, rendant les projets de construction moins accessibles. Les ménages, quant à eux, voient leurs projets d’extension ou de rénovation retardés, faute de moyens suffisants. Les professionnels du secteur appellent à une révision des politiques tarifaires pour limiter l’impact sur l’ensemble de la filière.