Justice sénégalaise : une manœuvre politique contre Ousmane Sonko pour 2029 ?
Les nominations récentes de hauts magistrats au Sénégal révèlent une stratégie controversée, selon les analystes politiques. Le politologue Mamadou Wane, surnommé « Mao », évoque une tentative délibérée du Président Bassirou Diomaye Faye pour écarter Ousmane Sonko de la course à la présidentielle de 2029. Cette approche, jugée risquée, pourrait se heurter à la détermination d’un peuple sénégalais engagé dans une lutte historique pour sa souveraineté.

Le chef de l’État a nommé, par décret en juillet 2023, Ousmane Diagne à la tête du Conseil constitutionnel. Quelques jours plus tôt, Serigne Bassirou Guèye était désigné avocat général à la Cour d’Appel de Saint-Louis. Ces choix, perçus comme des coups de force, s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre le pouvoir et le leader du PASTEF. Pour Mao Wane, cette manœuvre reflète une volonté de réinstaurer un système judiciaire aligné sur les intérêts d’une ancienne élite politique, au mépris des aspirations populaires.
Des nominations aux relents politiques
Ousmane Diagne et Serigne Bassirou Guèye, tous deux en conflit ouvert avec Ousmane Sonko, incarnent selon l’analyste une continuité avec les pratiques du passé. Le premier est critiqué pour son manque d’empressement à sanctionner les responsables des violences post-électorales de 2024, tandis que le second est accusé d’avoir manipulé des procédures judiciaires pour nuire au député. « Un magistrat qui falsifie un dossier judiciaire ne peut prétendre servir la justice », déclare Mao Wane, soulignant l’urgence d’une remise en question de ces nominations.
Ces décisions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à marginaliser Ousmane Sonko, dont l’influence politique reste incontestable. Le politologue rappelle que l’actuel président du Conseil constitutionnel, bien que moins contesté sur le principe, devra prouver par ses actes qu’il ne cautionne pas cette dérive autoritaire. Quant à Serigne Bassirou Guèye, son passé judiciaire soulève des questions sur son impartialité.
Restaurer l’ancien ordre ou construire l’avenir ?
Pour Mao Wane, les récentes nominations illustrent une dynamique de « révisionnisme politique », où les acteurs de l’ancien régime reprennent du pouvoir au sein des institutions. Cette tendance, qualifiée de tentative de restauration néocoloniale, s’oppose frontalement à l’idéal de souveraineté nationale porté par le PASTEF et ses soutiens. « Le peuple sénégalais a déjà démontré sa capacité à renverser les régimes oppressifs, comme en 2000 et 2012. Vouloir éliminer Sonko en s’appuyant sur des institutions discréditées est une erreur stratégique », avertit-il.
Le politologue insiste sur le rôle central de la jeunesse sénégalaise, dont l’engagement depuis 2021 a marqué un tournant dans l’histoire politique du pays. Cette génération, façonnée par trois années de lutte acharnée, refuse toute tentative de musellement des voix dissidentes. La mobilisation actuelle autour du PASTEF, avec la vente record de cartes du parti, confirme cette tendance.
Le PASTEF, un mouvement enraciné dans la société
Selon Mao Wane, le PASTEF s’impose aujourd’hui comme l’organisation politique la plus structurée et la plus en phase avec les aspirations populaires. « Sonko ne doit pas seulement son influence à son charisme, mais à un réseau militant solide et à une vision claire du changement. Ce parti incarne une alternative crédible face à une classe politique divisée et souvent déconnectée », souligne-t-il.
La mémoire des luttes passées, notamment la résistance de 2021-2024, renforce la détermination des Sénégalais à protéger leurs droits démocratiques. « Personne ne peut sous-estimer la force d’un peuple qui a appris à défier l’autoritarisme par la mobilisation pacifique », conclut le politologue. Une exclusion forcée de Sonko en 2029 apparaît dès lors comme une gageure, voire une provocation inutile.