la CPI s’alarme de la décision des pays de l’AES

Le retrait annoncé du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cour pénale internationale (CPI) a suscité une vive inquiétude au sein de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome. Dans une déclaration officielle, la présidence de cette instance a exprimé ses craintes quant à l’impact d’une telle décision sur les mécanismes internationaux de lutte contre l’impunité.

une menace pour la justice internationale

Selon Päivi Kaukoranta, présidente de l’Assemblée, le départ de ces trois États africains pourrait fragiliser la coopération judiciaire au niveau mondial. Elle insiste sur le rôle central de la CPI dans le paysage de la justice internationale et appelle les pays membres à maintenir leur engagement en faveur du Statut de Rome. « La CPI reste un outil indispensable pour garantir que les crimes les plus graves ne restent pas impunis », déclare-t-elle.

le dialogue comme voie privilégiée

La présidence rappelle que les États membres disposent de canaux de communication pour exprimer leurs revendications au sein de l’Assemblée. Elle encourage vivement le Burkina Faso, le Mali et le Niger à privilégier la discussion plutôt que la rupture. Un retrait définitif du Statut de Rome ne saurait, par ailleurs, dispenser un pays des obligations qu’il a contractées durant sa période d’adhésion.

le Niger déjà en route vers son départ

Cette déclaration intervient alors que le Niger a officiellement notifié son retrait de la CPI. La notification, transmise au secrétaire général des Nations unies en juin 2026, prendra effet un an plus tard, conformément aux dispositions du traité. Une décision qui s’inscrit dans une dynamique plus large initiée par l’Alliance des États du Sahel (AES).

l’AES dénonce une justice « sélective » et un néocolonialisme

En septembre 2025, les dirigeants de l’AES avaient annoncé leur intention de quitter la CPI, dans un communiqué conjoint signé par le président malien, le général Assimi Goïta. Ils reprochent à la Cour son incapacité à poursuivre efficacement les responsables des crimes les plus graves et dénoncent une justice à double vitesse. Selon eux, la CPI agirait comme un « instrument de répression néocoloniale », favorisant certains acteurs au détriment d’autres.

Les trois pays de l’AES estiment également que la Cour se tait face à des crimes tout en ciblant, selon leur analyse, des acteurs extérieurs au « cercle de l’impunité institutionnalisée ». Une position qui reflète leur volonté de renforcer leur souveraineté judiciaire et de contester l’influence perçue comme excessive de la CPI.