La République démocratique du Congo face à une épidémie d’Ebola persistante : le point sur la situation
Le virus Ebola, une menace sanitaire majeure, a déjà causé la mort de plus de 15 000 personnes sur le continent africain au cours des cinq dernières décennies. En République démocratique du Congo (RDC), une précédente flambée épidémique, survenue entre 2018 et 2020, avait été particulièrement dévastatrice, enregistrant près de 2 300 décès parmi 3 500 cas recensés.
L’actuelle épidémie d’Ebola, officiellement déclarée le 15 mai, continue de progresser en RDC. Les dernières données du 4 juillet font état de 1 561 cas confirmés et de 506 décès sur le territoire congolais. Pendant ce temps, l’Ouganda voisin maintient un bilan de vingt cas confirmés et deux décès liés au virus.
Face à l’urgence, des avancées médicales sont en cours. Un essai clinique évaluant deux traitements ciblant la souche Bundibugyo, identifiée comme responsable de cette épidémie, a débuté la semaine dernière. Parallèlement, le premier test de diagnostic moléculaire du virus a reçu une autorisation d’utilisation d’urgence, marquant une étape clé dans la détection rapide de la maladie.
Une létalité préoccupante au cœur de la crise
Le foyer principal de cette crise sanitaire, dont l’étendue réelle reste difficile à évaluer et qui pourrait perdurer des mois, se situe dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC. Cette région est frontalière du Soudan du Sud et de l’Ouganda, ce qui complexifie la gestion de la propagation.
Dans la cité minière de Mongbwalu, considérée comme le point de départ de cette résurgence virale, le taux de létalité atteint un niveau alarmant de 50,7%. Ce chiffre élevé met en lumière les défis persistants en matière de détection précoce et d’accès aux soins essentiels pour les personnes affectées.
Le virus a également été détecté dans les provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Dans ces régions, les capitales provinciales et de vastes portions de territoire sont sous le contrôle du groupe armé antigouvernemental M23, ce qui complique davantage les efforts de riposte sanitaire.
Au Nord-Kivu, le taux de mortalité s’élève à 57,4%, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale, jugé « préoccupant » par les autorités sanitaires congolaises. En revanche, la province du Sud-Kivu n’a signalé aucun nouveau cas confirmé depuis le 26 mai, offrant une lueur d’espoir pour cette zone.
Les autorités sanitaires du M23 ont récemment affirmé avoir éradiqué l’épidémie dans les zones qu’elles contrôlent. Cette déclaration n’a cependant pas pu être confirmée par des vérifications indépendantes.
Suite à cette annonce, les échanges transfrontaliers entre l’est de la RDC et le Rwanda ont partiellement repris. Plusieurs semaines de fermeture des postes-frontières avaient précédemment interrompu le flux de personnes et de marchandises.
Les échanges entre ces pays sont historiquement fréquents, notamment pour des raisons commerciales. De nombreux citoyens congolais de la région se rendent également au Rwanda pour prendre des vols à l’aéroport de Kigali, l’aéroport de Goma ayant été fermé par le M23 début 2025.