Lansana Gagny Sakho défend ses choix face à Ousmane Sonko
Un tournant politique marqué par des divergences de principes
Lors de son passage à l’émission RFM Matin, Lansana Gagny Sakho, président du Conseil d’administration de l’APIX, a livré son analyse sur sa rupture avec Ousmane Sonko. Il évoque sans détour les raisons de son engagement en faveur des valeurs républicaines, un choix qu’il assume pleinement. « Je ne voulais pas sacrifier mes principes pour des postes », déclare-t-il avec conviction. Selon lui, son refus d’une proposition de nomination dans le secteur de l’eau et de l’assainissement après l’alternance s’inscrivait dans cette logique. « Depuis le début, j’ai choisi la République », insiste-t-il, soulignant ainsi la cohérence de sa démarche.
Des critiques acerbes envers Ousmane Sonko
Pour Lansana Gagny Sakho, Ousmane Sonko n’a jamais privilégié l’intérêt général. Il lui reproche ouvertement d’avoir creusé des divisions au sommet de l’État par des déclarations publiques jugées intempestives. Notamment, il cite une intervention de Sonko pendant une absence du président Faye, alors en déplacement officiel aux États-Unis puis en Chine. Le leader de Pastef avait alors pointé du doigt un prétendu manque d’autorité dans le pays, des propos que Sakho qualifie de profondément malvenus et embarrassants pour la Présidence.
L’ancien allié du parti d’opposition défend une vision où le rôle politique doit servir avant tout la consolidation des institutions et l’efficacité de l’administration. Bien qu’il reconnaisse l’existence de tensions « des deux côtés », il met en avant des progrès notables, notamment dans le domaine judiciaire, où des réformes significatives ont été engagées.
La justice sénégalaise, un rempart contre les manipulations
Lansana Gagny Sakho aborde également le remaniement au ministère de la Justice, évoquant les déclarations de l’ancien garde des Sceaux, Ousmane Diagne, qui avait affirmé ne pouvoir être influencé. Selon lui, cette sortie visait à justifier un changement de garde, perçu comme une tentative d’installer un ministre plus malléable. « C’est une méconnaissance totale de la réalité », rétorque-t-il. « Les magistrats ne sont pas des pantins, et le pouvoir ne se résume pas à des apparences. » Ces propos illustrent selon lui la distance entre les perceptions depuis l’opposition et les réalités du terrain.
Un soutien ferme à la politique du président Faye
Ces dernières semaines, Lansana Gagny Sakho n’a cessé de réitérer son soutien à la politique menée par le président Diomaye Faye. Pour lui, la priorité reste la stabilité des institutions et la continuité de l’action publique. Sa prise de position s’inscrit dans un contexte où plusieurs cadres de Pastef ont récemment rejoint le camp présidentiel, à quelques semaines du lancement officiel du parti Kiiraay. Une dynamique qui confirme, selon lui, l’adhésion croissante aux orientations du pouvoir en place.