Laurent Gbagbo reste président du PPA-CI en Côte d’Ivoire
Laurent Gbagbo lors du congrès du PPA-CI

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, malgré des projets initiaux de retrait politique, a finalement choisi de poursuivre son engagement au sein du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). Une décision qui survient alors que son parti, privé de participation aux dernières élections présidentielles et législatives, cherche à se réinventer sous sa direction.

La reconduction de Laurent Gbagbo à la présidence du PPA-CI, actée lors du premier congrès ordinaire organisé les 14 et 15 mai au Palais de la culture de Treichville, s’inscrit dans une logique de continuité. Pourtant, ce choix coïncide avec un contexte politique tendu au sein de la formation, marquée par des divisions internes et des frondes contre la direction historique du parti.

Un parti en quête de renouveau

Le PPA-CI, dont Laurent Gbagbo reste le leader emblématique, n’a pas concouru aux scrutins de 2025. Pourtant, lors du congrès, une ferveur populaire a été invoquée pour justifier son maintien à la tête du parti. Une stratégie qui vise à redynamiser une formation politique en perte de vitesse, tout en maintenant l’influence de son fondateur.

Parmi les défis majeurs du PPA-CI figure la gestion des tensions internes. Le comité central a procédé à des exclusions et suspensions pour sanctionner des militants jugés trop critiques, notamment après le boycott des dernières élections. Des figures comme le maire de Lakota, Prince Arthur Dalli, ou le député indépendant Stéphane Kipré, ont ainsi été écartées temporairement.

Les frondeurs exclus du processus

Ces exclusions reflètent une crise plus profonde au sein du parti. Certains militants, dont l’ancien vice-président exécutif Ahoua Don Mello, avaient tenté de se présenter à la présidentielle d’octobre sans le soutien du PPA-CI. Leur exclusion du congrès du 15 mai symbolise une volonté de discipline, mais aussi une fracture difficile à résoudre.

Pourtant, malgré ces purges, l’unité affichée lors du congrès semble fragile. Les frondeurs, qui revendiquent une modernisation des structures et une redistribution des rôles, restent déterminés à faire entendre leur voix. Leur absence forcée lors du conclave met en lumière les tensions persistantes au sein de la formation.

Quant à Laurent Gbagbo, bien qu’il ait évoqué une gestion moins quotidienne du parti, son influence reste prépondérante. Son surnom de « boulanger » rappelle son ancrage dans la vie politique ivoirienne, un héritage qu’il peine à abandonner. Les propositions récentes, combinées à son discours du 15 mai et à la « fête de la Renaissance » organisée à Songon, confirment cette tendance.

Le PPA-CI se retrouve ainsi à un carrefour : entre la nécessité de se renouveler et l’attachement à une direction historique. Une équation complexe pour une formation qui doit désormais prouver sa capacité à inspirer une nouvelle génération de militants.