Le Cnes forme les diplomates burkinabè à l’anticipation géopolitique
Ce lundi 8 juin 2026, à Ouagadougou, le Centre national d’études stratégiques (CNES) a ouvert un atelier de formation de trois jours à l’intention des cadres et experts du ministère des Affaires étrangères. La session, qui porte sur l’intelligence stratégique et la prospective géopolitique, se tient dans les locaux du Secrétariat permanent du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (SP-MAEP), à Ouaga 2000.
L’objectif premier est de renforcer les compétences d’une trentaine de participants – experts, ambassadeurs et conseillers techniques – issus du ministère des Affaires étrangères.
Face à un monde en pleine mutation, les organisateurs veulent fournir aux participants des outils modernes pour anticiper les crises et orienter les décisions politiques.

Durant trois jours, du lundi 8 au mercredi 10 juin 2026, les participants aborderont des thèmes variés : veille stratégique, analyse géopolitique et évaluation des risques. La formation mêle cours théoriques et exercices pratiques, dont la rédaction de notes de synthèse opérationnelles.

Le général de brigade Barthélémy Aimé Simporé, directeur général du CNES, a souligné que cette initiative répond à un besoin de gouvernance. Il a évoqué les défis actuels : « Les rivalités de puissance se reconfigurent, les crises sécuritaires deviennent plus complexes et les incertitudes stratégiques s’imposent comme une donnée permanente de l’environnement international. »

Il a ajouté qu’il ne s’agit plus seulement de réagir aux crises, mais de développer une véritable capacité de prévision pour le Burkina Faso.
Le ministère des Affaires étrangères, représenté par son directeur de cabinet Dieudonné Désiré Sougouri, a salué ce partenariat avec le CNES. Selon lui, le Bureau d’analyses stratégiques du ministère doit constamment adapter ses méthodes aux réalités actuelles.

Il a également insisté sur l’importance de cette mise à niveau pour l’administration publique : « Les fondamentaux classiques sont de plus en plus remis en cause, et il faut que nos experts se remettent à niveau régulièrement. Nous devons former des experts capables de comprendre l’environnement géopolitique international. »

Première du genre pour ce service, cette formation devrait permettre une meilleure identification des risques émergents et la production d’analyses plus directement exploitables par les autorités. Les organisateurs ont annoncé que d’autres sessions de ce type seront programmées pour assurer la continuité du renforcement des capacités.
Cet atelier constitue une étape dans la modernisation de l’action diplomatique nationale, en phase avec les orientations des autorités. Le partage d’expériences avec des experts de la défense et de l’enseignement supérieur devrait assurer le succès de cette activité, selon les acteurs.