Le débat sur l’excision au Mali sous le régime de Goïta


le débat sur l’excision au Mali sous le régime de Goïta
Au Mali, la question de l’excision reste un sujet sensible, surtout depuis l’arrivée au pouvoir du colonel Assimi Goïta. Les autorités maliennes semblent privilégier une approche discrète pour éviter d’alimenter les tensions autour de cette pratique ancrée dans certaines traditions. Pourtant, les associations locales et les organisations internationales appellent à une mobilisation plus forte pour éradiquer cette pratique qui touche des milliers de jeunes filles chaque année.
Une pratique toujours présente malgré les promesses
Malgré les engagements pris par l’État malien pour lutter contre l’excision, cette pratique persiste dans plusieurs régions du pays. Les chiffres restent alarmants : selon les dernières estimations, près de 85 % des femmes maliennes âgées de 15 à 49 ans ont subi une forme de mutilation génitale. Les autorités reconnaissent l’urgence d’agir, mais les mesures concrètes peinent à se concrétiser.
Le rôle ambigu du pouvoir en place
Depuis le coup d’État de 2020 et l’avènement du colonel Assimi Goïta, le débat sur l’excision a été relégué au second plan. Le gouvernement a adopté une posture prudente, craignant de froisser les communautés traditionnelles ou religieuses. Pourtant, des voix s’élèvent pour dénoncer cette inertie, notamment parmi les défenseurs des droits des femmes.
Les ONG locales soulignent que le manque de volonté politique freine les avancées. « Nous attendons des actes concrets, pas seulement des discours », déclare une militante basée à Bamako. Les campagnes de sensibilisation, bien que nécessaires, ne suffisent pas à elles seules pour changer les mentalités.
Les défis d’une lutte contre les traditions
Combattre l’excision au Mali, c’est aussi affronter des siècles de pratiques culturelles et religieuses. Les responsables locaux, souvent réticents à s’attaquer directement à ce sujet, privilégient des approches indirectes. Certaines régions ont vu émerger des initiatives communautaires, mais leur impact reste limité sans un soutien actif de l’État.
Les acteurs internationaux, comme l’UNICEF ou l’OMS, continuent de financer des programmes de prévention. Cependant, leur efficacité dépend en grande partie de la collaboration des autorités maliennes, qui tarde à se manifester pleinement.
Quelles solutions pour l’avenir ?
Pour briser le silence autour de l’excision, une stratégie globale est nécessaire. Cela passe par un renforcement des lois existantes, mais aussi par une éducation accrue des populations. Les leaders communautaires et religieux pourraient jouer un rôle clé dans cette transformation.
« Il faut impliquer tout le monde, des familles aux chefs traditionnels », insiste une experte en droits humains. Sans une mobilisation collective, le combat contre l’excision au Mali restera un défi de taille pour les années à venir.