Le Maroc mise sur l’IA d’Harmattan pour une défense anti-drone autonome
Le Maroc mise sur l’IA d’Harmattan pour une défense anti-drone autonome
- La technologie d’interception qui protégera le ciel marocain
- Comment Harmattan applique l’IA au combat ?
- Une expansion fulgurante
Les conflits récents ont prouvé que les systèmes de défense classiques ne suffisent plus face à la prolifération des drones. Pour y remédier, le Maroc a signé un accord stratégique avec la firme française Harmattan AI. L’objectif : sécuriser son espace aérien grâce à une solution autonome, tout en amorçant une indépendance technologique dans le domaine militaire.
Le plan prévoit l’installation d’usines sur le territoire marocain, la création d’un centre de développement dédié et la formation de chercheurs locaux via des collaborations avec les universités du Royaume.
La technologie d’interception qui protégera le ciel marocain
L’accord initial se concentre sur la défense aérienne à très courte portée (VSHORAD). Harmattan AI fournira deux systèmes opérant sous une plateforme de contrôle unifiée :
- Gobi : Un intercepteur ultra-rapide dédié aux petits drones. Il se déploie en moins d’une minute après détection et peut atteindre 350 km/h pour neutraliser la cible.
- Gobi Tempest : Conçu pour des menaces plus lourdes, il fonctionne par tous les temps, emporte 800 grammes d’explosif et possède une portée de 12 km.
Une expansion fulgurante
Harmattan AI, fondée en avril 2024, a déjà levé 200 millions de dollars avec Dassault Aviation comme investisseur principal, portant sa valorisation à plus de 1,4 milliard de dollars. Son implantation en Afrique du Nord est portée par son cofondateur d’origine marocaine, Mouad M’Ghari.
Après des contrats avec les armées française et britannique, ce partenariat avec le Maroc permet aux Forces Armées Royales de non seulement faire face à la prolifération des drones dans la région, mais aussi de jeter les bases d’une industrie de défense nationale.
Comment Harmattan applique l’IA au combat ?
Le véritable atout d’Harmattan réside dans son écosystème interconnecté, capable de fonctionner sans GPS ni communications ennemies. Au cœur de ce réseau se trouve Kalahari, un système de commandement et de contrôle qui fusionne les données des satellites, radars et drones via l’intelligence artificielle. Il classe les menaces et propose la riposte optimale, réduisant la charge des opérateurs.
Pour la détection, le système Sahara utilise un radar à ouverture synthétique (SAR) embarqué sur des drones. Son IA analyse les images localement, repérant des changements millimétriques même à travers les nuages, le brouillard ou les tempêtes de sable.
Enfin, Barkhan représente la force de frappe : des drones d’attaque ou munitions rôdeuses. Leur IA embarquée assure un guidage terminal autonome : même en cas de brouillage radio, la vision par ordinateur permet de suivre la cible et de verrouiller l’impact. Les drones peuvent aussi coordonner des attaques en essaim.
Facteur humain : Malgré l’autonomie, le principe human-in-the-loop est maintenu. L’opérateur garde le dernier mot sur le tir, évitant ainsi les dommages collatéraux.