Le premier sénat du Bénin s’ouvre à une nouvelle ère politique

Une Assemblée inédite pour le Bénin

Le Bénin vient de marquer un tournant dans son paysage institutionnel avec l’inauguration de son premier Sénat, une chambre haute composée de 25 membres. Contrairement aux assemblées traditionnelles, ses parlementaires ne sont pas élus au suffrage universel, mais désignés par le chef de l’État ou intégrés de droit, notamment les anciens présidents de la République.

Une création constitutionnelle à portée stratégique

Cette institution a vu le jour suite à une révision constitutionnelle adoptée en novembre 2025. Son objectif affiché : stabiliser la vie politique et renforcer les mécanismes de gouvernance du pays. Une réforme qui s’inscrit dans une volonté de modernisation des structures étatiques béninoises.

Une cérémonie historique présidée par une figure emblématique

La séance inaugurale a été menée par Élisabeth Pognon, 89 ans, doyenne d’âge du Sénat et première femme à avoir présidé la Cour constitutionnelle du Bénin. Lors de son discours, elle a souligné l’importance de cette responsabilité : «Vous et moi avons l’honneur redoutable d’être les premiers à siéger au sein de cette nouvelle institution».

Elle a exhorté les sénateurs à faire de cette assemblée «un pilier de confiance, de stabilité et de consolidation de l’État béninois».

Les voix des anciens dirigeants

Parmi les membres du Sénat figurent d’anciens chefs d’État, dont Patrice Talon (2016-2026), qui a exprimé sa fierté de participer à cette aventure collective. «Je suis fier de faire partie de cette génération de dirigeants qui œuvrent pour le développement commun… Partout où l’on peut servir, on ne peut se soustraire à cette mission», a-t-il déclaré.

Thomas Boni Yayi (2006-2016), autre ancien président, fait également partie de cette nouvelle instance législative.

Paul Hounkpè, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle et unique opposant en lice, complète ce collège sénatorial. Lors de son intervention, il a mis en avant «l’unité nationale et la paix» comme piliers essentiels à la prospérité du pays. «Le développement harmonieux de notre nation est notre priorité absolue», a-t-il affirmé.

Un mandat présidentiel prolongé

La réforme constitutionnelle de 2025 a également acté un allongement de la durée du mandat présidentiel, passant de cinq à sept ans. Cette modification, effective lors du dernier scrutin d’avril, a vu la victoire de Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Économie et héritier politique de Patrice Talon.