Leadership numérique du Bénin au forum du cafrad : une vision audacieuse pour l’administration africaine
Le Bénin s’illustre comme pionnier de la transformation numérique en Afrique au CAFRAD
Rabat a été le théâtre d’un événement majeur pour l’administration publique africaine : le 17ᵉ Forum ministériel panafricain du CAFRAD. À cette occasion, le ministre béninois chargé du Budget et de la Fonction Publique, Rodrigue Chaou, a présenté la stratégie ambitieuse de Cotonou pour moderniser son administration et en faire un levier de croissance. Entre digitalisation accélérée et réformes structurelles, le Bénin se positionne comme un modèle de gouvernance innovante sur le continent.
Un forum africain incontournable pour repenser l’action publique
La capitale marocaine a accueilli ce rendez-vous stratégique, où se croisent des décideurs politiques, des experts et des hauts fonctionnaires du continent. Fondé en 1964, le Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives (CAFRAD) reste l’institution de référence pour accompagner les États africains dans la refonte de leurs structures administratives.
Cette année, le forum s’est concentré sur un défi crucial : le leadership comme moteur de l’action publique dans un environnement VICA(P)D. Cet acronyme illustre les défis actuels des administrations : volatilité, incertitude, complexité, ambiguïté, mais aussi les mutations profondes liées au numérique. Le Bénin, représenté par Rodrigue Chaou, a saisi cette tribune pour exposer sa vision d’une administration publique performante, compétitive et résiliente.
Des modèles de leadership public adaptés aux enjeux contemporains
Les échanges ont permis d’explorer deux approches complémentaires pour un leadership public efficace. Le Dr Dieudonné Assouvi, Directeur général du CAFRAD, a présenté le profil du manager public de demain : un leader agile, capable d’anticiper les crises et de s’adapter en temps réel. Face à des bureaucraties rigides, cette nouvelle forme de leadership s’impose comme une nécessité pour assurer la continuité de l’État dans un monde en perpétuel changement.
Le Professeur Sehl Mellouli de l’Université Laval a, quant à lui, mis l’accent sur un autre pilier essentiel : la souveraineté numérique. À l’ère de l’intelligence artificielle et des données massives, l’indépendance technologique des États africains devient un impératif stratégique. Elle conditionne non seulement la sécurité nationale, mais aussi l’attractivité économique des pays du continent.
La digitalisation, un accélérateur de croissance pour le Bénin
Le ministre béninois a exposé les résultats concrets de la modernisation administrative engagée par Cotonou. La digitalisation des services publics n’est pas un simple gadget technologique, mais un levier économique puissant. En simplifiant les démarches administratives, le Bénin réduit les coûts de transaction pour les entreprises et améliore durablement le climat des affaires.
Parmi les succès mis en avant, la dématérialisation des procédures fiscales et douanières occupe une place centrale. Cette réforme a permis de sécuriser les recettes publiques tout en éliminant les lourdeurs bureaucratiques qui freinaient l’activité économique. Autre avancée majeure : le guichet unique de création d’entreprises, qui réduit à quelques heures en ligne le temps nécessaire pour lancer une activité. Cette simplification favorise l’entrepreneuriat des jeunes et attire les investisseurs étrangers.
Enfin, la transparence accrue grâce à la numérisation limite les interactions physiques entre usagers et agents, réduisant ainsi les risques de corruption et renforçant la confiance des citoyens dans leurs institutions.
Une administration au service de tous les citoyens
La modernisation administrative portée par le Bénin ne se limite pas aux gains macroéconomiques. Elle vise également à améliorer le quotidien des populations, en particulier les plus vulnérables. La question de l’inclusion numérique a été au cœur des débats, car la transformation digitale doit être accessible à tous.
Cotonou mise sur une politique active de décentralisation et d’accès aux services essentiels. Que ce soit pour l’obtention d’actes d’état civil, de casiers judiciaires ou de documents d’identité, la réduction des délais administratifs permet de réintégrer les citoyens dans l’économie formelle. Cette approche garantit l’égalité des chances, des zones urbaines aux régions les plus reculées du pays.
Vers une administration africaine du XXIᵉ siècle
Alors que le forum s’est achevé, les délégations se tournent désormais vers la 61ᵉ session du Conseil d’Administration du CAFRAD. L’enjeu sera de transformer les orientations stratégiques en plans concrets : bilan d’activité du CAFRAD, programmes de formation pour les hauts cadres africains, et renforcement de la coopération Sud-Sud en matière d’ingénierie administrative.
En participant activement à ces instances, le Bénin envoie un signal fort : il ne se contente pas d’adopter des modèles de gouvernance, mais contribue activement à leur co-construction. Cette dynamique rassure les partenaires au développement et les investisseurs, tout en démontrant qu’à Cotonou, l’État se modernise pour mieux servir et grandir.