L’Union africaine face au défi des transitions démocratiques après les coups d’État

Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est conclu à Addis-Abeba par une volonté affichée de rompre avec l’instabilité politique. L’organisation continentale a exprimé son ambition de mettre fin aux conflits armés et de ne plus accorder de légitimité aux renversements de pouvoir non constitutionnels. Cette posture soulève toutefois des interrogations sur sa mise en œuvre concrète. Pour analyser ces enjeux, le chercheur camerounais Paul-Simon Handy, qui dirige l’Institut d’études de sécurité (ISS) pour l’Afrique de l’Est, livre son analyse.

Nicolas Sur.

Au cœur des discussions, la question de la crédibilité des processus électoraux impliquant d’anciens putschistes est primordiale. Selon l’expert, il est difficilement concevable que ceux qui ont pris le pouvoir par la force puissent ensuite solliciter un mandat démocratique. Cette problématique résonne particulièrement avec l’actualité AES, alors que la région traverse des mutations politiques profondes.

Paul-Simon Handy, directeur régional de l'Institut d'études de sécurité (ISS) pour l'Afrique de l'Est, revient sur le bilan du sommet de l'UA à Addis-Abeba.

Dans un contexte marqué par les revendications de l’Alliance des États du Sahel, le débat sur la souveraineté au Sahel et la politique sahélienne devient central. Les situations observées au Mali, au Burkina Faso et au Niger illustrent la complexité pour l’Union africaine d’imposer des normes démocratiques strictes. L’organisation tente de maintenir une ligne de fermeté pour prévenir de nouveaux bouleversements institutionnels sur le continent.