Macky sall à Dakar pour un entretien décisif avec bassirou diomaye faye
Le Sénégal s’apprête à vivre un moment politique rare ce 17 juillet. Macky Sall, ancien président, fera un retour express à Dakar pour y rencontrer Bassirou Diomaye Faye, son successeur. Une visite express, mais dont l’enjeu dépasse largement les simples formalités protocolaires. Les deux hommes se retrouveront pour aborder une question qui pourrait redéfinir l’influence du pays sur la scène internationale : la candidature de l’ancien chef de l’État au poste de secrétaire général des Nations unies.
Sur ses réseaux sociaux, Macky Sall a confirmé ce déplacement, soulignant son caractère stratégique. L’objectif ? Obtenir le soutien officiel du Sénégal pour porter sa candidature devant l’ONU. Sans cette validation, toute ambition de diriger l’organisation internationale serait vouée à l’échec. Une étape indispensable, donc, avant de se lancer dans les négociations au Conseil de sécurité.
Une ambition onusienne conditionnée par Dakar
Le poste de secrétaire général de l’ONU ne s’obtient pas sans l’aval de son pays d’origine. Macky Sall le sait mieux que quiconque. Son élection à ce poste dépendra en premier lieu d’un feu vert politique de Bassirou Diomaye Faye. Ce soutien ne serait pas seulement symbolique : il enverrait un signal fort aux partenaires internationaux, notamment africains, sur la crédibilité de sa démarche.
Le timing joue un rôle clé dans cette équation. Le mandat d’António Guterres s’achève fin 2026, et la tradition veut qu’un candidat africain soit envisagé pour lui succéder. Le Sénégal pourrait ainsi saisir cette opportunité historique, à condition que ses autorités actuelles acceptent de porter la candidature d’un ancien président issu d’un camp politique opposé.
Un échange chargé de symboles et de tensions
La relation entre Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye reste marquée par les fractures de l’alternance. L’actuel président, arrivé au pouvoir après une campagne menée depuis l’intérieur d’une prison, incarne une rupture nette avec l’ère précédente. Plusieurs audits et procédures judiciaires ciblant d’anciens responsables du régime Sall ont alimenté un climat de défiance persistant entre les deux camps.
La rencontre du 17 juillet ne se limitera donc pas à la question onusienne. Elle soulèvera des enjeux bien plus profonds : le statut de l’ancien président dans la vie politique sénégalaise, les garanties éventuelles pour son entourage, et la stratégie diplomatique du pays à l’approche de rendez-vous multilatéraux majeurs. La brièveté annoncée du séjour suggère que les deux hommes cherchent avant tout à clarifier une situation précise, sans ouvrir de discussions plus larges.
Un choix diplomatique délicat pour le président Faye
Pour Bassirou Diomaye Faye, cette rencontre représente un arbitrage complexe. Appuyer la candidature de Macky Sall reviendrait à conférer à son prédécesseur une légitimité internationale renforcée, tout en offrant au Sénégal un levier diplomatique de premier plan. En revanche, un refus ou un report pourrait fragiliser l’ambition de l’ancien président et susciter des critiques, tant au sein de l’Union africaine qu’auprès de l’opinion publique sénégalaise, attachée au rayonnement international du pays.
Le Sénégal mise également sur sa crédibilité auprès de l’Union africaine. Un soutien collectif à un candidat unique serait déterminant pour peser au Conseil de sécurité. À ce stade, aucune position officielle n’a été rendue publique. L’exécutif semble privilégier une communication mesurée en amont de l’entretien.
Quelles qu’en soient les conclusions, cette rencontre marquera la première interaction publique entre les deux hommes depuis la transition d’avril 2024. Elle pourrait ouvrir la voie à une normalisation politique nécessaire, alors que les réformes portées par le tandem Faye-Sonko exigent un environnement apaisé. Une visite courte, mais dont les répercussions pourraient s’étendre bien au-delà des frontières sénégalaises.