Magistrats tchadiens déposent plainte contre le ministre de la Sécurité publique

Le Syndicat des Magistrats du Tchad (SMT) et le Syndicat Autonome des Magistrats du Tchad (SYAMAT) ont récemment saisi les autorités judiciaires pour dénoncer les propos tenus par le ministre de la Sécurité Publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache. Dans une plainte officielle déposée auprès du procureur général près la Cour d’appel de N’Djamena, les deux syndicats exigent que des mesures soient prises contre le haut responsable gouvernemental.

Une plainte pour atteinte à l’institution judiciaire

Les dirigeants du SMT et du SYAMAT accusent le ministre d’avoir outragé délibérément l’ensemble du corps judiciaire. Ces allégations font suite à une déclaration publique tenue en 2026, où Ali Ahmat Aghabache aurait tenu des propos jugés particulièrement blessants et infondés envers les magistrats. Ces déclarations, largement médiatisées, ont provoqué une réaction immédiate et unanime au sein de la profession.

Des infractions juridiques clairement identifiées

Les syndicats s’appuient sur plusieurs articles du Code pénal et du Code de procédure pénale pour étayer leur plainte. Selon eux, les propos incriminés relèvent à la fois du discrédit public, de l’outrage et de la diffamation envers une institution constitutionnelle. Les articles 142, 144 et suivants du Code pénal, ainsi que les articles 527 et 528 du Code de procédure pénale, offriraient un cadre juridique solide pour engager des poursuites contre le ministre.

Une demande d’enquête et de protection de l’indépendance de la justice

Dans leur requête adressée au procureur général, les magistrats réclament l’ouverture d’une enquête approfondie afin de faire toute la lumière sur ces déclarations. Ils insistent également sur la nécessité de préserver l’autorité, l’indépendance et la dignité de la justice tchadienne. Leur objectif : obtenir une sanction exemplaire pour rétablir le respect dû à leur profession et garantir l’impartialité des décisions judiciaires.