Maroc engagement force internationale à gaza : une première pour un pays arabe

Le Maroc a concrétisé mercredi dernier à Rabat un engagement historique en signant un accord officiel pour participer à la Force internationale de stabilisation prévue dans la bande de Gaza. Cette cérémonie officielle, marquée par la présence du ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, de hauts responsables militaires et de Nikolaï Mladenov, représentant du Conseil de paix pour Gaza, a formalisé l’envoi d’une contribution marocaine significative.

L’administration marocaine de la Défense a souligné que cette démarche s’inscrit dans une volonté commune de renforcer la stabilité et la sécurité dans la région, à travers des actions humanitaires et militaires ciblées. Parmi les contributions prévues figurent l’envoi d’officiers supérieurs, de membres de la gendarmerie et de policiers, ainsi que la mise en place d’un hôpital militaire de campagne à Gaza.

Un soldat marocain participant à la force internationale déployée à Gaza

Si cet accord marque une étape symbolique, il ne s’agit pas d’une décision totalement inédite. En effet, dès le mois de février, le Maroc avait annoncé publiquement son intention de participer à cette force, devenant ainsi le premier pays arabe à s’engager ouvertement dans ce dispositif. Depuis, des officiers marocains ont déjà rejoint le quartier général de la force, situé dans le sud d’Israël, pour participer aux préparatifs logistiques et opérationnels.

Outre le Maroc, l’Albanie, le Kazakhstan et le Kosovo ont également accepté de contribuer à cette mission. Cependant, Rabat pourrait se distinguer en étant le premier État à déployer effectivement des troupes sur le terrain. Selon les plans établis par le Conseil de paix, les militaires marocains auront notamment pour mission de sécuriser les abords d’une zone humanitaire pilote située autour de Rafah, dans le sud de Gaza. Ce secteur, destiné à accueillir des infrastructures d’aide et des logements temporaires, sera placé sous la protection de la force internationale.

Le déploiement des troupes marocaines n’est cependant pas attendu dans l’immédiat. Plusieurs étapes clés doivent encore être franchies avant que les soldats ne soient opérationnels. D’abord, Israël doit finaliser avec chaque pays contributeur un accord définissant le cadre juridique des militaires étrangers présents à Gaza. Ensuite, aucun calendrier précis n’a été arrêté pour le lancement des travaux d’aménagement de la zone humanitaire de Rafah, dont la réalisation pourrait débuter au plus tôt en 2027.

En attendant, des délégations réduites des pays impliqués dans la Force internationale continuent leurs préparatifs depuis une base située dans le sud d’Israël. Leur rôle sera crucial pour accompagner la transition sécuritaire à Gaza, mais leur déploiement reste conditionné par l’avancée des négociations sur le désarmement du Hamas, le retrait progressif des forces israéliennes et l’organisation de l’administration civile locale.