Samedi dernier, dans la salle majestueuse du King Fahd Palace, le chef de l’État a prononcé des mots forts à l’occasion de la création de son nouveau parti. En évoquant sans détour les victimes des crises politiques passées, il a lancé un appel solennel à l’apaisement. « Leur mémoire ne nous demande ni vengeance ni silence, mais une seule chose : veiller à ce que jamais plus un désaccord politique ne se paie de vies humaines », a-t-il déclaré. Une phrase qui résonne comme un engagement fort en faveur de la paix civile.
Mais le président n’a pas limité son intervention à un simple message d’unité. Il a ajouté une mise en garde claire : « Dans ce pays, celui qui trouble la quiétude publique ne s’y épanouira pas. » Des mots qui, bien que formulés avec précision, laissent peu de place à l’interprétation. Plusieurs observateurs y voient une allusion directe à Ousmane Sonko, dont la posture politique a souvent été associée à des méthodes plus radicales. Une rivalité qui, ces derniers mois, s’est intensifiée dans le paysage politique sénégalais.
Cette intervention survient à un moment charnière, marqué par la naissance du nouveau parti présidentiel et les remous au sein de Pastef. Les départs notables de certains membres ont encore accentué les tensions entre les deux figures de l’exécutif. Un climat de confrontation qui, selon les analystes, n’est pas près de s’apaiser.
