Niamey prend le contrôle total de ses mines d’uranium avec la création de la TSUMCO sa

Le gouvernement nigérien a franchi une étape décisive dans la prise de contrôle de ses ressources naturelles en annulant la concession historique accordée au groupe français Orano Mining. Une nouvelle compagnie nationale, la TSUMCO SA, voit désormais le jour pour reprendre l’exploitation des gisements d’uranium du pays, marquant une rupture définitive avec l’héritage colonial minier.

Une nationalisation stratégique pour l’économie nigérienne

Lors du dernier Conseil des ministres présidé par le chef de l’État Abdourahamane Tiani, un décret a été adopté pour officialiser la création de la Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Cette nouvelle entité remplace la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR), nationalisée en 2025, et met fin à l’exploitation uranifère d’Arlit par le groupe Orano Mining, qui détenait cette concession depuis 1978 sur une durée initiale de 75 ans.

Les autorités nigériennes ont justifié cette décision par les impacts environnementaux dramatiques observés sur les sols, les ressources hydriques et les écosystèmes sahariens des zones minières. Le choix du nom « Teloua », en référence à une nappe aquifère souterraine de la région d’Arlit, symbolise selon Niamey un devoir de mémoire envers les dommages causés et une volonté de réparation.

Un bras de fer juridique contre Orano Mining

La nationalisation s’accompagne d’une nouvelle réglementation minière exigeant le paiement d’une redevance superficiaire de 25 millions de francs CFA par km² et par an pour les périmètres non exploités. Orano Mining, déjà mis en demeure en septembre 2025 pour non-paiement de cette redevance, voit son contrat d’exploitation annulé pour non-respect des obligations légales.

Les tensions entre Niamey et le groupe français se cristallisent également autour des obligations fiscales et environnementales non honorées par Orano depuis des décennies. Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, qualifie les recours judiciaires engagés par Orano de quasi-harcèlement judiciaire, visant selon lui à bloquer les exportations d’uranium nigérien sur la scène internationale.

Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de rupture stratégique entre le Niger et la France, touchant à la fois les domaines sécuritaire, économique et géopolitique. La création de la TSUMCO SA représente ainsi bien plus qu’un simple transfert de concession : elle incarne la volonté du Niger de reprendre le contrôle total de son destin minier.