Ouattara lance un appel à l’unité pour accélérer le développement de la Côte d’Ivoire

En marquant le début d’un nouveau cycle politique, le président Alassane Ouattara a réitéré son ambition de faire de la Côte d’Ivoire une nation prospère et unifiée. Lors d’un discours marquant, il a appelé l’ensemble des acteurs nationaux — institutions étatiques, forces politiques, secteur privé, société civile, chefs traditionnels et diaspora — à s’engager ensemble dans la construction de la « Grande Côte d’Ivoire ». Ce projet vise à transformer la croissance économique récente, supérieure à 6 % par an, en progrès sociaux concrets pour les populations.

L’unité nationale au cœur du projet présidentiel

L’appel lancé par Ouattara s’adresse à toutes les franges de la société ivoirienne. L’objectif est de fédérer les énergies autour d’un projet collectif, dépassant les clivages politiques pour s’appuyer sur une vision nationale partagée. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la stabilité politique et la continuité des politiques publiques sont essentielles pour ancrer la Côte d’Ivoire sur la voie de l’émergence. Le président mise sur une approche intégratrice, où la réussite du pays dépend d’une adhésion large et non uniquement de l’action gouvernementale.

Cette vision s’inscrit dans la droite ligne des orientations définies depuis 2011, axées sur l’industrialisation, l’amélioration des infrastructures rurales et le renforcement du rôle d’Abidjan comme hub économique régional. L’ambition affichée est de passer d’une dynamique macroéconomique favorable à des retombées tangibles pour les ménages, en consolidant les indicateurs économiques et en renforçant la redistribution des richesses.

Une vision économique ambitieuse et des défis persistants

Sur le plan économique, le projet de « Grande Côte d’Ivoire » repose sur plusieurs leviers déjà en cours de réalisation. Le port d’Abidjan, en pleine extension, et celui de San Pedro, qui gagne en importance, constituent des piliers pour soutenir les filières minière et agricole. Parallèlement, le réseau routier s’étend vers le nord, en direction du Burkina Faso et du Mali, afin de renforcer les corridors logistiques ouest-africains. Le secteur énergétique, longtemps fragilisé, bénéficie désormais d’investissements massifs pour sécuriser la production et diversifier les sources d’énergie.

Cependant, les défis restent nombreux. Les inégalités territoriales persistent, notamment entre le nord et le centre du pays, moins bien desservis que la région lagunaire. De plus, avec plus de 75 % de la population âgée de moins de 35 ans, l’inclusion des jeunes dans le projet national représente un enjeu majeur. Pour que l’appel présidentiel prenne tout son sens, il devra se concrétiser par des mécanismes efficaces d’association des acteurs à la prise de décision.

Une stratégie politique fondée sur la continuité historique

Le choix du terme « Grande Côte d’Ivoire » n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une tradition politique héritée du président fondateur Félix Houphouët-Boigny, dont les slogans mobilisateurs visaient à incarner l’ambition nationale. Pour Ouattara, cette référence historique permet de désamorcer les critiques sur une éventuelle personnalisation du pouvoir et d’ancrer son action dans une continuité politique. Toutefois, le succès de cette stratégie dépendra de la capacité des institutions à traduire cet appel en actions concrètes et mesurables.

Les observateurs soulignent que la réussite du projet repose sur des avancées significatives en matière de gouvernance, d’amélioration du climat des affaires et de réduction des inégalités. L’appel à l’unité doit donc se matérialiser par des résultats tangibles, notamment dans les zones les plus en retard, pour garantir une croissance inclusive et durable.