Ouverture historique du Parlement de l’AES à Niamey

La Confédération des États du Sahel marque un tournant avec son Parlement à Niamey

L’histoire s’écrit aujourd’hui à Niamey. Pour la toute première fois, les trois pays phares du Sahel — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — donnent vie à leur Parlement confédéral. Quarante-cinq députés, quinze par nation, se réunissent dès aujourd’hui pour poser les fondations d’une coopération politique inédite. Cette cérémonie inaugurale, qui se tient au Centre des conférences Mahatma Gandhi, symbolise bien plus qu’un simple événement : elle incarne l’ambition d’une souveraineté régionale renforcée.

Une session sous le signe de l’intérêt commun

La salle, remplie de responsables politiques et parlementaires, écoute avec attention les mots de Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative du Peuple du Burkina Faso et figure clé de cette session historique. En tant que président de ce Parlement confédéral naissant, il appelle sans détour à dépasser les clivages partisans et les égoïsmes nationaux. « Placez l’intérêt de la Confédération avant tout », martèle-t-il, soulignant l’urgence d’une vision collective pour répondre aux défis sécuritaires et économiques du moment.

Parmi les personnalités présentes, Ali Mahaman Lamine Zeine, Premier ministre du Niger, représente officiellement le chef de l’État nigérien. Autour de lui, les dirigeants des institutions parlementaires des trois pays membres échangent des regards déterminés. Leur présence ne relève pas du hasard : elle traduit la volonté farouche de faire de cette alliance bien plus qu’une déclaration d’intention.

L’AES, un projet né de la rupture avec la CEDEAO

Juillet 2024 restera comme le mois où une nouvelle ère a débuté. C’est en effet à cette date que la Confédération des États du Sahel (AES) a été officiellement créée, succédant à une décision audacieuse : le retrait des trois nations de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier de la même année. Ce choix, motivé par la recherche d’une autonomie accrue, s’accompagne aujourd’hui d’un outil concret : ce Parlement confédéral.

Les objectifs affichés sont clairs et ambitieux. Renforcer la coopération en matière de défense, de sécurité et de développement figure au premier rang des priorités. Mais au-delà des déclarations, c’est une dynamique de solidarité que les trois pays entendent incarner. Leur ambition ? Devenir un pilier de stabilité dans une région souvent secouée par les crises.

Une ouverture qui dépasse les frontières de l’AES

Si l’AES concentre l’essentiel de l’attention, cette première session n’est pas exclusive. Des représentants des parlements du Tchad et du Togo participent également à l’événement, en tant qu’invités. Leur présence, bien que symbolique, envoie un message fort : l’ouverture à une coopération élargie, tout en maintenant l’autonomie décisionnelle des trois États fondateurs.

Du 24 au 29 août, Niamey devient ainsi le cœur battant d’une nouvelle gouvernance régionale. Les débats qui s’y tiendront pourraient bien redéfinir les équilibres politiques et économiques du Sahel. Une chose est sûre : cette session inaugurale trace une voie où la souveraineté et la collaboration ne sont plus des ennemis, mais des alliés.