Procès Bolloré au Togo : corruption et justice en décembre 2026
L’affaire Bolloré au Togo, ouverte en 2013, met en cause Vincent Bolloré ainsi que deux ex-cadre du groupe, Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent. Ils sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour des faits présumés de corruption liés à l’attribution de la concession du port de Lomé. Un procès public est désormais programmé pour décembre 2026.
Les agissements reprochés s’étendent entre 2009 et 2010. À cette époque, la filiale Havas, alors sous contrôle du groupe Bolloré, aurait proposé des services de conseil électoral à Faure Gnassingbé, candidat à sa réélection, à des tarifs anormalement bas. En échange, le groupe aurait obtenu des conditions privilégiées pour gérer le port de Lomé via sa filiale Bolloré Africa Logistics.
Sherpa et Anticor : des associations engagées contre la corruption transnationale
Depuis 2022, les associations Sherpa et Anticor se sont portées parties civiles dans ce dossier. Leur mission : défendre l’intérêt général en exigeant un débat public sur ces faits de corruption transnationale. Elles soulignent aussi l’importance de reconnaître les victimes, notamment les citoyens togolais dont les droits démocratiques et économiques ont été lésés.
Malgré les tentatives de Vincent Bolloré pour éviter un procès public, la persévérance des associations a conduit à la tenue de ce procès historique en décembre 2026.
La justice négociée : entre reconnaissance et refus de clémence
En février 2021, le groupe Bolloré SE a signé une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) avec le Parquet national financier. Cette procédure lui a permis de reconnaître des pratiques de corruption au Togo et en Guinée en échange du versement d’une amende de 12 millions d’euros.
Parallèlement, Vincent Bolloré et deux autres dirigeants ont bénéficié d’une procédure alternative, la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Cependant, le tribunal judiciaire de Paris a rejeté cette demande, jugeant les faits trop graves pour échapper à un jugement public.
Un procès historique pour la transparence et la réparation
Pour Sherpa et Anticor, ce procès représente une opportunité unique. Il permettra d’éclairer les mécanismes d’ingérence économique des multinationales dans des contextes politiques fragiles. Il interrogera également l’efficacité du droit à sanctionner ces stratégies d’influence et à protéger les populations locales.
Les associations espèrent que ce procès aboutira à la reconnaissance des responsabilités individuelles, à la compréhension des conséquences concrètes pour les Togolais, et à l’ouverture de pistes de réparation, qu’elles soient symboliques, institutionnelles ou financières.