RDC : l’épidémie d’Ebola dépasse les 2 000 morts, un seuil historique

RDC : l’épidémie d’Ebola franchit un cap tragique

L’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) vient de dépasser un seuil dramatique. Selon les dernières données officielles, la maladie a causé plus de 2 000 décès parmi les 4 300 cas confirmés. Cette flambée épidémique, qui sévit principalement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, s’inscrit comme la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.

Une propagation dans des zones en proie aux conflits

Partie de l’Ituri, dans le nord-est du pays, l’épidémie s’est étendue vers le Nord-Kivu, une région déjà fragilisée par des années de tensions armées. Les infrastructures sanitaires, souvent précaires dans ces zones, compliquent considérablement la riposte médicale et la prise en charge des patients. Le bilan actuel se rapproche dangereusement de celui de la précédente épidémie majeure de 2018-2020, qui avait fait près de 2 300 morts en RDC.

Un variant résistant et des défis vaccinaux

Cette nouvelle vague est provoquée par le variant Bundibugyo, pour lequel aucun vaccin n’est encore homologué. Face à l’urgence, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé la mise en place d’un essai clinique pour évaluer l’efficacité du vaccin Ervebo, actuellement le seul approuvé contre Ebola. Les experts soulignent que les données de sécurité disponibles sur ce vaccin, produit par le laboratoire américain Merck, permettent d’envisager rapidement une phase 3 d’expérimentation.

L’Alliance du vaccin Gavi a déjà mobilisé des doses issues du stock mondial d’Ervebo, estimé à environ 500 000 unités. Cette initiative s’ajoute aux efforts internationaux pour endiguer la propagation du virus.

D’autres pistes vaccinales en cours d’évaluation

Parallèlement, plusieurs candidats-vaccins sont en développement contre le variant Bundibugyo. Le Canada a autorisé Moderna à lancer des essais cliniques pour son propre vaccin, tandis que d’autres projets sont portés par Hilleman Laboratories et l’Université d’Oxford. La communauté internationale a réagi avec des aides financières, comme l’annonce d’un soutien supplémentaire de plus de 242 millions de dollars par les États-Unis pour renforcer la lutte contre Ebola en RDC.

Un taux de mortalité alarmant

Avec un taux de mortalité de 45,9 %, cette épidémie rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée et renforcée. Les autorités sanitaires congolaises, soutenues par des partenaires internationaux, multiplient les actions pour limiter la propagation du virus dans une région déjà fragilisée.