RDC : Tshisekedi recule sous la pression de l’opposition sur la réforme constitutionnelle

RDC : Tshisekedi recule sous la pression de l’opposition sur la réforme constitutionnelle

Portrait officiel de Félix Tshisekedi

Face à l’ultimatum lancé par la Coalition Article 64 (C64), une alliance majeure de l’opposition congolaise, le président Félix Tshisekedi a consenti à suspendre temporairement l’examen parlementaire du projet de loi sur le référendum constitutionnel. Cette décision intervient après des semaines de tensions politiques intenses.

La C64, regroupant les principaux partis d’opposition, accuse le gouvernement de vouloir instrumentaliser cette réforme pour permettre au chef de l’État de briguer un troisième mandat, en violation de la Constitution de 2006. Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, avait prévenu la veille que l’alliance n’hésiterait pas à mobiliser massivement la population si aucune solution n’était trouvée.

La coalition avait fixé au 15 août une date butoir pour obtenir le retrait pur et simple de la proposition de loi. Une marche était initialement prévue le 22 juillet, mais avait été reportée après l’intervention des Églises catholique et protestante, appelant au dialogue plutôt qu’à la confrontation.

Une avancée saluée par l’opposition, mais jugée insuffisante

Bien que Prince Epenge, cofondateur de la C64, qualifie cette décision de « petit pas dans la bonne direction », il rappelle que l’alliance maintient sa pression pour obtenir l’abandon définitif du texte. Félix Tshisekedi a en effet demandé une nouvelle délibération parlementaire, sans pour autant renoncer clairement au projet.

Parallèlement, 65 organisations de la société civile congolaise ont adressé un mémorandum au président, mettant en garde contre les risques de « tensions politiques exacerbées » et de « détournement des priorités nationales » que représenterait cette réforme. Pour elles, la priorité reste la gestion des défis socio-économiques du pays.