Révision de la constitution au Bénin : les nouvelles règles qui divisent
Louis Vlavonou, président de l'Assemblée nationale du Bénin, lors de l'adoption de la révision constitutionnelle.

Le Bénin s’apprête à vivre un triple scrutin en 2026, marqué par une réforme constitutionnelle majeure adoptée en urgence début novembre. Parmi les changements phares, l’introduction d’un ticket présidentiel : le président de la République sera élu en même temps qu’un vice-président, dès le premier tour si la majorité absolue est atteinte, sinon lors d’un second tour. Cette mesure vise à renforcer la légitimité du tandem exécutif.

La nouvelle mouture de la Constitution béninoise supprime également la peine de mort, instaure la création d’une Cour des comptes et inscrit dans le marbre le principe de discrimination positive en faveur des femmes candidates aux élections. Autre innovation : la limitation à trois des mandats des députés. Ceux qui ont cédé temporairement leur siège à leur suppléant pourront désormais le récupérer, une règle inédite dans l’histoire politique du pays.

Concernant le pouvoir exécutif, la réforme renforce la limitation des mandats présidentiels : impossible désormais d’effectuer plus de deux mandats consécutifs, et ce tout au long de la carrière politique. Cette disposition, déjà présente dans la Constitution de 1990, est désormais rendue encore plus stricte.

2026, année électorale décisive pour le Bénin

Les élections de 2026 s’annoncent comme un tournant pour le pays. Avec l’entrée en vigueur de ces nouvelles règles, les citoyens béninois seront appelés aux urnes pour trois scrutins simultanés, une première dans l’histoire récente du Bénin. Cette réforme, saluée par certains comme une avancée démocratique, suscite l’inquiétude de l’opposition qui y voit une manœuvre politique.