Scandale k. Seba : fuites audio, coup d’état et déstabilisation présumée au bénin
Kemi Seba, proche du pouvoir nigérien et figure controversée du panafricanisme, éclaboussé par des fuites audio explosives au Bénin
L’affaire secoue le clan Kémi Séba et risque de faire des vagues jusqu’à Niamey. Kemi Seba, Conseiller Spécial du Général Abdourahamane Tiani, Président de la transition au Niger, et président de l’ONG Urgences Panafricanistes, se retrouve au cœur d’une polémique d’une gravité inédite. Des échanges audio fuités sur internet révèlent ses conversations avec un individu présenté comme son « homme de main », un criminel notoire béninois surnommé Agbaza. Ces enregistrements, rendus publics ces derniers jours, l’accusent d’avoir orchestré des actes de vandalisme et, plus grave encore, d’avoir évoqué des projets de déstabilisation violente du Bénin, allant jusqu’à des actes terroristes et un éventuel second coup d’État.
Tout commence avec les événements du 21 octobre 2025. Ce jour-là, des actes de vandalisme, incendies de pneus, de véhicules et de motos, jets de pierres et déploiement de banderoles provocatrices, avaient secoué plusieurs villes béninoises. Kemi Seba, depuis le Niger, avait alors salué ces troubles comme l’expression légitime du « mécontentement de la jeunesse béninoise » et de la « Génération Z » en révolte contre le pouvoir de Patrice Talon. Ce qu’il présentait comme un mouvement populaire spontané s’avère, selon les enquêteurs de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), avoir été minutieusement organisé.
L’arrestation d’Agbaza, le 24 mars 2026 à Cotonou, a tout fait basculer. Présenté au procureur spécial Mario Mètonou ce même jour, cet individu au lourd passé judiciaire , qualifié de « bandit de grand chemin » et de cybercriminel par les autorités, aurait agi sur instructions directes de Kemi Seba. Son téléphone portable, saisi par les enquêteurs, aurait livré des notes vocales compromettantes. Dans ces échanges, l’activiste panafricain et son interlocuteur discutent sans détour d’opérations de terrain : recrutement de jeunes pour semer le chaos, financement d’actions destructrices et coordination logistique.
Les enregistrements font état d’actes bien plus graves que de simples dégradations. Selon des sources proches du dossier, les deux hommes évoquent des « éliminations physiques » de personnalités politiques, des attaques ciblées contre des commissariats et des projets d’incendies de bâtiments publics visant à créer un climat d’insécurité généralisé. Des termes comme « terroristes » ou « kamikaze » reviennent dans les descriptions de la mission confiée à Agbaza. Ces révélations jettent une lumière crue sur une stratégie supposée de déstabilisation de l’État béninois, orchestrée depuis l’étranger.
Plus inquiétant encore : les audios font allusion aux « contours » d’un deuxième projet de coup d’État. Kemi Seba y aurait échangé des informations précises provenant de militaires putschistes réfugiés au Niger, proches des cercles du pouvoir nigérien. Ces échanges détailleraient des plans de coordination entre éléments internes au Bénin et soutiens extérieurs, dans la continuité de la tentative avortée du 7 décembre 2025, celle-là même que Kemi Seba avait publiquement qualifiée de « jour de la libération » avant d’être visé par un mandat d’arrêt international pour apologie de crime contre la sûreté de l’État.
Face à ces fuites, la défense habituelle de l’activiste, qui a déjà réagi dans des vidéos en dénonçant des « manipulations » et des « calomnies » du gouvernement Talon, risque d’être mise à rude épreuve. Ses partisans parlent de montages ou de piège judiciaire. Mais les faits sont là : Agbaza, présenté comme son bras armé, est désormais entre les mains de la justice béninoise. Les enquêteurs parlent de « projets funestes » et d’une bande criminelle agissant sous la houlette d’un « dieu » ou « idole » désigné comme Kemi Seba.
Quelle que soit la ligne de défense qu’adoptera l’intéressé, comme il en a l’habitude dans ses prises de parole virulentes, une chose apparaît désormais claire aux yeux de nombreux Béninois : l’homme qui se réclame du panafricanisme et qui prétend aimer son pays semble prêt à y mettre le feu et à faire couler le sang pour servir ses intérêts personnels et idéologiques. Des voix de plus en plus nombreuses, y compris parmi d’anciens sympathisants, expriment un rejet total. Sur les réseaux sociaux et dans les rues de Cotonou, Porto-Novo ou Parakou, le mot d’ordre est le même : « Kemi Seba n’est plus le bienvenu au Bénin.»
Reste la question qui brûle les lèvres de l’opinion publique régionale : le Général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, approuve-t-il les pratiques et les fréquentations de son Conseiller Spécial ? Kemi Seba, qui bénéficie d’un passeport diplomatique nigérien, incarne-t-il la ligne officielle de Niamey ou agit-il en franc-tireur ? Le silence du pouvoir nigérien, pour l’heure, alimente les spéculations. Dans un contexte de tensions sous-régionales déjà vives, cette affaire pourrait bien devenir le nouvel épicentre d’une crise diplomatique et politique majeure.
L’enquête de la CRIET suit son cours. Agbaza continue de livrer ses aveux, et d’autres interpellations sont attendues. Pour Kemi Seba, l’heure est à la tourmente. Pour le Bénin, c’est un avertissement : derrière les beaux discours panafricains, certains jeux de pouvoir cachent parfois les plus sombres desseins.
Il convient de rappeler qu’il y a quelques jours, l’opinion publique a été secouée par une vague de plaintes de femmes accusant l’activiste de dérives et d’abus sexuels.La justice dira le reste.