Sénégal : la démission du président de l’assemblée nationale relance le jeu politique

Le Sénégal traverse une période d’instabilité politique marquée par la démission surprise, dimanche, d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale. Cette vacance institutionnelle pourrait offrir une opportunité inattendue à Ousmane Sonko, dont le rôle au sommet de l’État vient d’être redéfini par le président Bassirou Diomaye Faye.

Une démission aux motivations institutionnelles

El Malick Ndiaye a justifié son départ par une volonté de servir les intérêts supérieurs du pays, évoquant une divergence de vision sur le fonctionnement des institutions. Son départ intervient à un moment charnière, alors que son parti, le Pastef, domine largement l’hémicycle avec 130 sièges sur 165, suite aux dernières élections législatives de 2024.

Ousmane Sonko en route vers l’hémicycle

Les députés sont convoqués mardi pour une séance plénière décisive : réintégrer Ousmane Sonko comme député et élire un nouveau président à l’Assemblée. Une issue qui renforcerait significativement l’influence du leader du Pastef, dont la popularité reste intacte auprès d’une frange importante de la population.

Une rupture politique entre Faye et Sonko

Les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois alliés indéfectibles, se sont dégradées ces derniers mois. Vendredi, le chef de l’État a mis fin aux fonctions du Premier ministre, marquant une fracture publique entre les deux hommes. Leur alliance, scellée en avril 2024, avait permis à Faye de remporter la présidentielle après que Sonko, empêché de se présenter, avait lancé le slogan « Diomaye Moy Sonko ».

Des tensions croissantes

Ousmane Sonko reprochait au président un manque d’autorité et une lenteur jugée excessive dans le traitement des dossiers liés à la corruption sous l’ancien régime. De son côté, Bassirou Diomaye Faye critiquait l’influence grandissante de son ancien Premier ministre, notamment après ses prises de position publiques sur la gestion des fonds politiques.

Un soutien populaire indéniable

Malgré son éviction du gouvernement, Ousmane Sonko conserve une base militante solide. Vendredi soir, des centaines de partisans se sont rassemblés devant sa résidence à Dakar pour manifester leur soutien, transformant son limogeage en symbole de résistance politique.

Quelles perspectives pour le gouvernement ?

Le président Faye doit désormais nommer un nouveau Premier ministre, dont la désignation devra être validée par les députés. Dans un contexte politique devenu particulièrement volatile, cette transition s’annonce complexe et incertaine.