Sénégal : l’élection de Sonko à la tête de l’assemblée nationale bouleverse le paysage politique
Sénégal : l’élection de Sonko à la tête de l’assemblée nationale bouleverse le paysage politique

Ousmane Sonko a transformé en quelques jours un limogeage en une victoire politique éclatante. Mardi, il a pris les rênes de l’Assemblée nationale, affichant une légitimité populaire incontestable. Son discours, à la fois ferme et conciliant, a marqué les esprits : pas de chaos institutionnel, pas de vendetta personnelle, mais un engagement clair pour un contrôle rigoureux de l’action gouvernementale.
Il a promis d’utiliser tous les leviers de contre-pouvoir à sa disposition pour garantir la transparence, tout en évitant les blocages systématiques. Une approche qui surprend par son équilibre, dans un contexte où les tensions politiques restent vives.
Une cohabitation politique inédite
Pour les observateurs, cette élection signe le début d’une cohabitation inédite au Sénégal. Ellimane Haby Kane, politologue et directeur du think tank Legs Africa, analyse cette situation avec prudence : Sonko « met les manières », mais son objectif profond est clair – contrôler l’exécutif. Le pastef, son parti, n’a pas été consulté sur la formation du gouvernement, et ce bras de fer n’est pas terminé.
Dès mardi soir, un communiqué du Pastef révélait des contacts entre la présidence et des membres du parti pour la composition du futur gouvernement. Mais des conditions ont été posées pour une éventuelle participation, laissant planer une incertitude sur l’avenir de cette alliance.